Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines

Nom de l’auteur/autrice :g.senee@senat.fr

Grève du chômage 2025

Soutien à la grève du chômage 2025, organisée par les acteurs de l’insertion par l’activité économique – et notamment par Territoires zéro chômeur de longue durée ! La grève du chômage, c’est l’occasion pour les 2,2 millions de personnes au chômage de longue durée en France, de revendiquer leur droit à l’emploi. Au travers d’expérimentations innovantes, des structures comme Territoires zéro chômeurs participent à l’accompagnement vers le retour à l’emploi, mais également au resserrement du lien social. Car la précarité économique n’est pas la seule conséquence de la privation durable d’emploi. Dans les Yvelines, le territoire des Mureaux est l’illustration de la réussite de ce projet: ce sont 51 personnes qui ont été embauchées en CDI au sein de l’Entreprise à But d’Emploi Mur’envol depuis mars 2024, et 84 personnes qui sont sorties durablement de la privation d’emploi grâce à l’accompagnement de TZCLD Les Mureaux!

Colloque : Intelligence artificielle: sécuriser les pratiques pour contenir les risques

Le 31 octobre 2025 à 9h, j’aurai le plaisir d’organiser au Palais du Luxembourg un colloque sur l’intelligence artificielle, aux côtés de mon collègue Thomas Dossus, Sénateur du Rhône, et de l’association Pause IA. Programme: 9h – Mot d’accueil 9h15 – Introduction générale: Les risques de l’IA: état des lieux et enjeux. Par Maxime Fournes, Fondateur de Pause IA France.  9h40 – Présentation thématique: Cybersécurité et sûreté de l’IA: les menaces émergentes.Par Charbel-Raphaël Segerie, Directeur exécutif  du CeSIA. 10h30 – Table ronde: Quels leviers pour une IA sécurisée?Modéré par Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines.Avec Siméon Campos, Fondateur de Safer AI ; Axelle Arquié, Cofondatrice de l’Observatoire des Emplois Menacés ; Jean-Lou Fourquet, Journaliste, enseignant et co-auteur de « La dictature des Algorithmes » ; Olga Muss Laurenty, Chercheuse en IA et développement de l’enfant ; Henry Papadatos, Managing Director de SaferAI. 12h30 – Conclusion Le compte-rendu du colloque par Pause IA: Colloque Sénat — Compte-rendu & recommandations | Pause IA

Colloque : Transitions et Ruralités

Les territoires ruraux – 88% des communes et 33% de la population selon l’INSEE – sont souvent présentés comme subissant les crises : déprise démographique, déclin industriel, déficit d’attractivité, changement climatique, perte du lien social et culturel, manque d’accessibilité des services publics, déserts médicaux, zones blanches, etc. Le présent colloque, qui s’inscrit dans le cadre de la mission d’information de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation relative à la contribution des collectivités territoriales au développement des territoires ruraux à l’ère des transitions environnementales, entend donner la parole aux experts du sujet pour objectiver en quoi les ruralités – au pluriel ! – sont confrontées aux crises mais aussi en quoi elles sont au cœur des transitions économique, démographique, climatique, énergétique, sociale et culturelle, voire même en première ligne pour imaginer et mettre en œuvre des solutions innovantes. Il s’agira également de s’interroger sur le rôle des collectivités territoriales et les outils dont elles disposent pour accompagner ces transitions (stratégie, ingénierie, ressources), en lien avec les autres acteurs publics (l’État, ses agences) et privés (entreprises, associations, citoyens, usagers). La rediffusion du colloque est disponible ci-dessous : https://youtu.be/6KzAsoEFqsQ?list=TLGGBKJ_wq6dlQcyNzAxMjAyNg

Communiqué de Presse : Liaison RD30/RD190 et Pont d’Achères : il est encore temps de renoncer à ce projet anachronique et inadapté

Les travaux de l’A104 Bis, débutés en septembre 2023, sont pour le moment mis à l’arrêt par décision de la mairie de Triel-sur-Seine. De fait, entre le 16 et le 18 septembre 2025, 147 arbres ont été coupés dans les communes de Triel-sur-Seine et d’Achères, soulevant colère et incompréhension de la population. Après avoir massacré la pointe naturelle de l’Ile de la Dérivation et le chemin des berges, les conséquences environnementales directes de ce projet de liaison routière se font plus évidentes. Il faut définitivement abandonner ce projet avant qu’il ne soit trop tard. Le projet de liaison RD30–RD190 est le résidu d’une vision de l’aménagement du territoire obsolète, consistant à toujours plus bétonner pour faciliter ou détourner un trafic routier qui créera de nouveaux goulots d’étranglements et donc de nouveaux espaces de congestion. Ce projet c’est : L’augmentation du trafic routier dans les zones de vie d’Achères et d’Orgeval, avec le passage de 40 000 véhicules chaque jour sur le pont d’Achères. L’augmentation de 114% du trafic routier sur l’A13, déjà saturé, ayant pour conséquences l’augmentation de 14% les émissions de gaz à effet de serre sur les routes du territoire. Le développement de la pollution de l’air ainsi que de la pollution sonore pour les riverain•es. L’artificialisation des sols et la destruction de plus de 40 espèces protégées. Il est tout particulièrement aberrant de créer un afflux important de camions de transit vers la zone commerciale d’Orgeval et de Villennes, qui souffre déjà de congestion. Imaginez ces camions bloquant la sortie déjà compliquée du Lidl, ou encore obligés de faire le tour du rond-point bloquant qui dessert l’enseigne Bricorama et mène vers Bures/Morainvilliers ! En plus d’être injustifié, ce projet dévoile des dépenses astronomiques dont les contours restent flous. À l’heure où l’on demande aux français•es de se serrer la ceinture, le Département engage 200 millions pour ce projet, sans compter les frais d’entretien des ponts – évalués entre 25 000 et 40 000 euros par an et par pont – et les coûts d’investissement à prévoir liés à la réalisation de l’échangeur d’Orgeval et l’agrandissement de la RD154 et de la RD190. L’état de notre climat et des finances locales nous imposent une culture nouvelle de la sobriété dans nos projets d’aménagement. Je reste résolument opposée à ce projet et j’appelle le Département des Yvelines à définitivement renoncer à l’A104 bis.

Agences et opérateurs de l’Etat : le thermomètre n’est pas la maladie !

Contribution de Ghislaine Senée, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires Introduction La commission d’enquête sur les missions des agences, opérateurs et organismes consultatifs de l’État, présidée par Pierre Barros et rapportée par Christine Lavarde, a mené un travail rigoureux, autour de nombreuses auditions et demandes de données. Le rapport final objective la réalité des conditions d’organisation et de financement des agences. Il permet notamment de lever nombre de fantasmes sur les viviers d’économies possibles. Si nous partageons certains constats et propositions faites sur le pilotage, l’évaluation et la nécessité de renforcer la culture de la tutelle, nous déplorons que le rapport final amendé cède aux demandes démagogiques du groupe LR de suppression d’un certain nombre d’agences, couplées à des suppressions de postes dans les fonctions support, dans le seul but de faire des économies.   1. Apports du rapport : des constats partagés sur la gouvernance et une objectivation des données sur les coûts 1.1. Renouer avec une tutelle de confiance L’Etat doit s’atteler à renforcer le pilotage de ces structures et à re-développer la culture de la tutelle. Si l’élaboration de contrats d’objectifs et de performance (COP) ou de contrats d’objectifs et de moyens (COM) sur une période de 5 ans doit bien être systématisée, ces contrats doivent s’établir dans le cadre de relations de tutelle interne, sans recours à des cabinets de conseil. Une fois ceux-ci signés, l’Etat doit respecter le cadre adopté et ne peut abandonner ses engagements financiers en cours de programmation. Le respect de ces engagements financiers est de nature à redonner confiance aux agents, dans un contexte de défiance vis-à-vis de leur travail.Ainsi, l’Agence Bio – dont l’objet est de promouvoir l’agriculture biologique et d’accroître les débouchés des agriculteurs et paysans labellisés – a signé un COP avec son ministère de tutelle pour la période 2024-2028. Pourtant, dès 2025, soit à peine un an après la signature du COP, le gouvernement a fait le choix de supprimer 64% des crédits, en cours d’exercice, pour des raisons strictement politiciennes. Outre les effets climatiques et sanitaires d’une telle décision, cela remet en cause la crédibilité de l’Etat dans la capacité de pilotage et de gestion de l’ensemble des agences. Sur le plan méthodologique, nous souscrivons aux orientations générales proposées, qui visent à redonner de la cohérence à la gouvernance des agences et opérateurs de l’État. Le retour de la culture de la tutelle doit être fondé sur une relation de confiance, mais exigeante, appuyée sur des outils d’évaluation rigoureux et réguliers. Cela suppose la généralisation de documents stratégiques pluriannuels adossés à des échéances de réexamen, voire de date d’extinction, permettant de réinterroger périodiquement l’utilité et la performance des dispositifs. La comptabilité analytique constitue un levier essentiel pour apprécier la soutenabilité et la pertinence des actions menées ; elle permet également d’objectiver les débats et de répondre de manière argumentée aux critiques formulées à l’encontre des agences. 2.2. L’efficience réelle des agences, loin des fantasmes budgétaires La résolution du groupe Les Républicains tendant à la création de cette commission d’enquête insistait sur deux points : le vivier possible d’économies et la lutte contre le surcroît de normes générées par ces agences et opérateurs. Après 6 mois de travail dense, le rapport démontre l’invalidité de ces deux hypothèses. Les élus Les Républicains invoquent depuis plusieurs années les “nombreuses économies” potentielles sur les agences, ne serait-ce qu’en termes de ressources humaines. Pourtant, le rapport démontre que ces structures ne sont pas des gouffres financiers en fonctionnement – c’est-à-dire en coûts de personnel et de structure – et font preuve, au contraire, d’une réelle efficience dans la gestion des crédits d’intervention. Ces agences mettent en œuvre les politiques publiques décidées et cadrées par le gouvernement, validées par le parlement. Les économies de fonctionnement apparaissent comme très modérées et ne sauraient, contrairement à ce qu’on peut entendre dans les débats autour des agences de l’Etat, résoudre le problème de déficit de l’Etat français. Dans le cas de l’ADEME, avec le fonds chaleur, l’agence est chargée d’instruire les demandes, en appliquant les règles fixées par le législateur. Le rapport de la commission d’enquête confirme la bonne gestion des dispositifs délégués à l’ADEME et son rôle indispensable dans le conseil aux collectivités sur les actions en matière de politique climatique. Le groupe Les Républicains considérait que les agences “génèrent une complexité normative toujours croissante, voire une insécurité juridique, dont la charge finale repose généralement sur le citoyen, l’usager ou encore les acteurs des activités régulées”. Le rapport final ne permet pas d’étayer la création de normes nouvelles par les agences. Leur rôle est de mettre en œuvre, pour l’Etat, les politiques publiques et souvent de manière territorialisée. Si un acteur n’obtient pas la subvention qu’il sollicite, cela s’explique davantage par le non-respect des critères fixés par le législateur que par une surproduction de normes définies par l’agence gestionnaire. 2.Réserves et mises en garde : quand la rationalisation devient un prétexte à l’affaiblissement 2.1. La recentralisation préfectorale : une fausse bonne idée Le transfert de compétences des agences vers la préfecture renforce les pouvoirs des préfets et le spectre de leurs missions. Si cette centralisation vise une meilleure lisibilité administrative, voire parfois une plus grande efficacité, celle-ci s’accompagne d’une pression croissante sur les services préfectoraux, déjà fortement mobilisés. Depuis les réorganisations engagées à partir de 2010, les services déconcentrés ont connu un affaiblissement progressif : diminution des moyens humains lors des réformes successives et complexification des chaînes de décision. Ce mouvement, loin d’être neutre, est le reflet d’un phénomène plus large de recentralisation, dans un contexte de montée en charge considérable du rôle du préfet. Ce dernier se retrouve aujourd’hui à la croisée des injonctions, en situation de devoir arbitrer, instruire, déroger et parfois trancher seul, sous forte contrainte temporelle et politique. Il est illusoire de penser que le transfert des agents et de leurs compétences au niveau des préfectures et sous-préfectures des départements se fasse sans encombre ni perte. Il est à déplorer un risque de perte d’expertises, alors même

Colloque : Les données au service des territoires intelligents

Les données sont centrales dans nos vies et elles ont de multiples facettes : personnelles, scientifiques, économiques, stratégiques… Face à de nombreux défis, notamment ceux posés par le changement climatique, les données et l’extraction des informations qu’elles contiennent modifient profondément l’action publique. Les risques environnementaux et naturels, l’urbanisation, l’agriculture, la mobilité, la gestion des ressources, la vie citoyenne, la sécurité, l’éducation, les différentes politiques de la ville, etc., permettent de générer massivement des données. Leur utilisation et leur exploitation en s’appuyant sur la science des données et l’intelligence artificielle sont porteuses de promesses mais suscitent également des réticences et des craintes, et de fait il est indispensable des enjeux environnementaux et de souveraineté que portent ces avancées technologiques. Dans ce contexte, il est plus que jamais indispensable de suivre les expériences de politiques territoriales de la donnée qui se multiplient, étudier leurs résultats et les progrès qu’elles apportent, identifier leurs limites. https://youtu.be/ECmyIJHr08Y?list=TLGGrrEFqcFERykyNzAxMjAyNg

Rapport : « L’IA va-t-elle révolutionner le monde des collectivités territoriales ? »

L’intelligence artificielle (IA) commence à investir le terrain des collectivités territoriales. Ses applications sont déjà nombreuses, elles irriguent des champs très variés des politiques publiques locales et des services publics locaux : information des usagers par des robots conversationnels, sécurisation des grands événements sportifs, réduction des déchets, préservation des ressources rares, prévention des risques naturels… La diffusion accélérée de cette technologie nécessite toutefois certaines précautions (préservation de la confidentialité des données, défense contre les cyberattaques…). Elle est également source de préoccupations : l’IA va-t-elle « tuer » l’emploi dans les collectivités ? A terme, la place des élus locaux sera-t-elle remise en cause par l’IA ? Le rapport d’information se veut un « kit de survie » pour les décideurs des collectivités territoriales face à l’émergence de l’IA. Le rapport complet

Projection des Finances locales après le vote du Budget 2025 au Sénat

Note de contexte février 2025 : projections des finances locales pour 2025, suite à l’examen du Projet de Loi de Finances au Sénat (post CMP et 49.3) Historique Dans le budget Barnier – Saint-Martin, il y avait une volonté de faire 5 milliards de coupes pour les collectivités territoriales. En réalité, cet effort représentait 10 milliards d’euros, en incluant l’ensemble des effets du projet gouvernemental sur les collectivités. L’Assemblée nationale a rejeté la première partie du PLF, ce qui a rendu caduque son travail sur les recettes et n’a pas permis d’examen en première lecture des dépenses. Suite au rejet du texte à l’AN, le Sénat a travaillé sur la version initiale du gouvernement à partir du 18 novembre 2024. Le Sénat a modifié certaines dispositions mais n’a pas changé l’esprit de ce texte, qui considère que les collectivités doivent participer activement au redressement des comptes publics. Photographie suite à la CMP et au 49.3 à l’AN 2.1. Première partie Projet de loi de Finances pour 2025, relatif aux recettes * Dotation globale de fonctionnement (DGF) [ART. 29] Le texte initial prévoyait un gel de la DGF, qui représente une perte de 490 millions d’euros. Le Sénat a adopté un amendement socialiste qui visait à accroître le montant de la DGF de 290 millions d’euros, afin de compenser la progression de la dotation de solidarité rurale (150 millions d’euros) et de la dotation de solidarité urbaine (140 millions d’euros). La “perte” pour les collectivités de la non-indexation de la DGF est moins importante que prévu à l’issue de l’examen au Sénat, à un niveau de 200 millions d’euros. Cette revalorisation du Sénat a été minoré par la CMP de 50 M€. Montant PLF initial : 27 244 686 633 Montant après examen au Sénat : 27 534 686 633 Montant après CMP / 49.3 : 27 394 686 633 En outre, la DSIL est amputée de 145 M€, au titre des 2/12e déjà écoulés lors de la promulgation de la loi. * Fonds de compensation de la TVA (FCTVA) [ART. 30] Le texte initial prévoyait de modifier le taux du FCTVA de 16,4% en 2024 à 14,85% en 2025, avec un effet rétroactif dès 2024. Cette évolution représentait une perte évaluée à 800 millions d’euros pour les collectivités. A noter que cette dotation soutient les investissements locaux et qu’un tel changement serait de nature à fragiliser les plans d’investissements déjà en cours. Le Sénat a souhaité supprimer cette disposition. Ceci représente un maintien 800 millions d’euros dans le budget des collectivités. Pas de changement à la CMP/ 49.3. * Dynamique annuelle des recettes de TVA reversées aux collectivités, suite à des suppressions de fiscalité locale [ART. 31] Le projet du gouvernement prévoit de reconduire pour 2025 les montants des fractions TVA versées aux collectivités. Cette disposition supprime le bénéfice de la dynamique aux CT et représente une perte de 1,2 milliards d’euros de recettes, dont 688 M€ pour les départements (dont on connaît les difficultés financières). La majorité sénatoriale a adopté cet article. Pas de changement à la CMP/ 49.3. * Prélèvement sur recettes de l’État pour les CT [ART. 32] Chaque année, l’État reverse une partie de ses recettes aux collectivités. Cela représentait 45,058 milliards d’euros en 2024. En raison de différents ajustements, le montant prévu pour 2025 est porté à 44,189 milliards d’euros, soit une baisse de 869 millions d’euros. * Recettes de taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE), dite assise de l’électricité, pour le bloc communal et les départements [ART. 21, alinéa 93] Le projet du gouvernement modifie les modalités de calcul de la part communale de l’accise sur l’électricité (fraction TICFE). La base de calcul repose sur trois éléments : le montant de référence de l’année N-1, l’évolution de l’inflation sur trois ans (N-1 à N-3), et l’évolution de la consommation d’électricité sur deux ans (N-2 et N-3). Or, l’alinéa 93 de l’article 21 du Projet de Loi de Finances pour 2025 réduit l’évolution de l’inflation aux années N-1 et N-2 au lieu de N-1 et N-3. Cette modification a pour conséquence de faire sortir l’année 2021 du calcul pour 2024. Cette modification pourrait priver les communes d’une revalorisation à hauteur de 5,3 % sur 2024 et 4,8 % en 2025. Le manque à gagner se répercute ensuite sur les années suivantes. Il représente une économie pour l’Etat de 200 millions d’euros. A noter que cette disposition, comme pour le FCTVA initialement, s’applique de manière rétroactive, sur les recettes de 2024. La majorité sénatoriale a refusé de revenir sur cette disposition. La CMP valide cette disposition, désormais à l’alinéa 103. * Relèvement du plafond des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) de 4,5 à 5% (+0,5 point) [Art 31 nonies] Les primo-accédants étant exonérés de cette augmentation dans la limite de 250 000 euros de la valeur du bien, dans le cadre d’une résidence principale uniquement. 2.2. Deuxième partie Projet de loi de Finances pour 2025, relatif aux dépenses * Création d’un fonds de précaution ou fonds de résilience des finances locales ou fonds de réserve au profit des CT [ART. 64] Le projet initial du gouvernement prévoyait de prélever 3 milliards d’euros sur 450 CT, dont les dépenses de fonctionnement sont supérieures à 40 M€ (soit 2% des recettes réelles de fonctionnement, jusqu’à 15% de l’épargne brute des interco).La version sénatoriale de ce fonds est limitée à 1 milliard (soit 2 milliards laissés aux CT), uniquement pour l’année 2025. Elle touche 2 000 communes, et 130 EPCI (500 M€ pour le bloc communal), la moitié des départements (dont la ville de Paris et la métropole de Lyon) (220 M€) et l’ensemble des régions (28 M€). La contribution ne dépasse pas 2 % des recettes réelles de fonctionnement. Les modalités de calculs sont précisées en article 64 bis. * Mission “Écologie, développement et mobilité durables”– Fonds d’accélération de la transition écologique des territoires, dit « fonds vert » LFI 2024 : 2,5 mds LFI 2024 (après décret d’annulation de février) : 2

Communiqué de Presse : Décret actant la hausse du taux de cotisations patronales à la CNRACL

En pleine Commission Mixte Paritaire (CMP) sur le Projet de Loi de Finances pour 2025 et alors que le pays n’a toujours pas de budget, le gouvernement minoritaire publie au Journal Officiel de ce jour le décret portant la hausse du taux de cotisations patronales pour les agents publics territoriaux et hospitaliers à la Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités Locales (CNRACL). Ce décret acte la hausse du taux de 12 points en 4 ans, de 31,65 % en 2024 à 34,65% dès 2025 (avec effet rétroactif au 1er janvier) et porte le taux à 43,65% en 2028. Cette décision, non concertée avec les élus locaux, va accroître considérablement leurs charges de fonctionnement, dans une année d’effort budgétaire accru et d’incertitude inédite sur la préparation des budgets. Rappelons que la CNRACL a contribué à hauteur de 100 milliards d’euros à la solidarité inter-caisses, ce qui ne lui a pas permis de constituer de réserves. Rappelons qu’outre l’évolution démographique avec le changement de rapport cotisants/retraités, le déficit de la CNRACL s’explique aussi par le développement des embauches de contractuels, qui réduit encore le nombre de cotisants puisque non affiliés à la CNRACL. Un quart des effectifs des fonctions publiques territoriales et hospitalières sont aujourd’hui non titulaires. Et cette nouvelle hausse du taux de cotisations patronales va accroître ce phénomène. La hausse des cotisations va finalement être un transfert de dette : de la CNRACL vers les collectivités et les hôpitaux. Cet état sera sans impact sur la dette publique globale au sens du traité de Maastricht puisque la dette de la CNRACL y est intégrée de la même manière que celle des collectivités et des hôpitaux. Une telle décision, alors que l’exercice 2025 a commencé et que les fiches de paie de janvier ont d’ores et déjà été envoyées, est une entrave considérable à l’exercice public local et fragilise une fois encore le lien de confiance entre l’Etat et les collectivités.

Rapport spécial Loi de finances pour 2025 : Travail, Emploi et Administration des ministères sociaux

LES PRINCIPALES OBSERVATIONS DES RAPPORTEURS SPÉCIAUX 1. En loi de finances initiale (LFI) pour 2023, les crédits votés au titre de la mission « Travail et emploi » s’élevaient à 21,1 milliards d’euros en autorisations d’engagement (AE) et à 21,3 milliards d’euros en crédits de paiement (CP). 2. En exécution 2023, les crédits ouverts se sont finalement élevés à 19,8 milliards d’euros en AE, ce qui correspond à une diminution de 20,1 % par rapport au niveau inédit de l’exécution 2022 ; en CP, les crédits ouverts s’établissent à 20,9 milliards d’euros en CP, soit une stabilisation (+ 0,7 %) par rapport à l’exécution 2022. L’exécution 2023 correspond ainsi peu ou prou à la prévision en LFI 2023 (sous-exécution de – 5,9 % en AE et de – 1,6 % en CP). 3. Le taux de consommation des crédits ouverts s’élève à 90,3 % en AE et 93,4 % en CP sur l’ensemble de la mission. Cet écart tient notamment, comme les années précédentes, à la sous consommation importante des crédits ouverts au titre du plan d’investissement dans les compétences (PIC). 4. La budgétisation initiale de la mission est mieux calibrée. Si l’ampleur des reports de crédits ne se dément pas (2,1 milliards d’euros en CP), en particulier sur le fonds de concours du PIC, le regroupement progressif des crédits consacrés à l’apprentissage et à l’activité partielle dans la mission « Travail et emploi » favorise la lisibilité des politiques de l’emploi et des compétences. Enfin, la consommation constatée est proche de la prévision en LFI (+ 0,7 % en CP). 5. Comme les précédents, l’exercice 2023 est marqué par l’importance des dépenses en faveur de l’apprentissage. Au total, le coût brut de l’alternance pour l’État atteint plus de 7,4 milliards d’euros, dont 7,1 milliards financés par la mission « Travail et emploi », signe de l’extinction progressive de la mission « Plan de relance ». Les rapporteurs spéciaux relèvent ainsi que la soutenabilité à moyen-terme de la mission est surdéterminée par la dynamique de l’apprentissage. Hors dotations exceptionnelles à l’opérateur France compétences, les dépenses de soutien à l’apprentissage sur le seul programme 103 représentent plus de 5 483 millions d’euros, soit 40,8 % d’un programme qui représente lui-même 64,1 % des crédits de la mission. 6. La mise en place de France Travail et la dynamique de l’alternance pèsent sur l’exécution 2023, comme en témoigne l’augmentation de la subvention pour charges de service public versée à Pôle emploi, ou encore le versement d’une subvention d’équilibre de 1,6 milliard d’euros à France compétences. 7. Des mesures visant à résorber les déséquilibres de la mission et de France Compétences, en recettes comme en dépenses, pourraient être prises. EXÉCUTION DES CRÉDITS DE LA MISSION EN 2023 En loi de finances initiale (LFI) pour 2023, les crédits votés au titre de la mission « Travail et emploi » s’élevaient à 21,1 milliards d’euros en autorisations d’engagement (AE) et à 21,3 milliards d’euros en crédits de paiements (CP), fonds de concours et attributions de produits inclus. Pour mémoire, la mission comporte quatre programmes : – le programme 102 « Accès et retour à l’emploi » se fixe pour objectif principal de favoriser l’accès et le retour à l’emploi de tous les publics en s’appuyant sur les structures du service public de l’emploi et en mobilisant au mieux les outils d’insertion professionnelle au bénéfice des personnes les plus éloignées de l’emploi ; – le programme 103 « Accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi » se fixe pour objectifs de sécuriser l’emploi par l’anticipation des mutations économiques, contribuer à la revitalisation des territoires et au reclassement des salariés licenciés pour motif économique, faciliter l’insertion dans l’emploi par le développement de l’alternance et enfin édifier une société de compétences, notamment via le volet « formation » du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) ; – le programme 111 « Amélioration de la qualité de l’emploi et des relations de travail » vise notamment à améliorer les conditions d’emploi et de travail des salariés du secteur privé concurrentiel, contribuer à la prévention et à la réduction des risques professionnels, à la dynamisation de la négociation collective et à l’amélioration du dialogue social et enfin à lutter contre le travail illégal et la fraude au détachement, en s’appuyant sur les services de l’inspection du travail ; – enfin, le programme 155 « Conception, gestion et évaluation des politiques de l’emploi et du travail » constitue le programme d’appui et de soutien aux politiques du ministère du travail, portant l’intégralité des dépenses de personnel (titre 2) de la mission. Il est à noter que les programmes 102 et 103, qui relèvent de la politique de l’emploi stricto sensu, représentent à eux seuls 95 % des crédits de la mission. Évolution des crédits de la mission « Travail et emploi » en 2023 (en millions d’euros et en pourcentage)

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