Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines

Nom de l’auteur/autrice :g.senee@senat.fr

Projet de loi sur les polices municipales et les gardes champêtres : pourquoi j’ai voté contre

Le Sénat a examiné le projet de loi relatif aux polices municipales et aux gardes champêtres, avec un scrutin public solennel organisé le 10 février dernier. Ce texte acte une évolution importante de leur rôle et de leurs prérogatives. À travers cet article, je souhaite vous exposer les raisons pour lesquelles j’ai voté contre ce texte. 1) Le rôle des polices municipales : un équilibre à préserver Aujourd’hui, 3 812 collectivités territoriales disposent d’une police municipale, pour environ 28 000 agents, en hausse de 45 % entre 2012 et 2023. Pour autant, le maillage territorial demeure très incomplet : seule une minorité de communes dispose d’une police municipale (10%) et les effectifs de gardes champêtres (650) sont très limités. Aussi la couverture du territoire est loin d’être homogène. Jusqu’à présent, la répartition des rôles était plutôt claire : à la police municipale, les missions de proximité, de prévention et de tranquillité publique ; à la police nationale et à la gendarmerie, les missions régaliennes, notamment judiciaires et de maintien de l’ordre. Or l’équilibre est aujourd’hui fragilisé par le projet de loi, qui remet en cause la répartition fonctionnelle des missions, tout en intervenant dans un contexte de maillage territorial très inégal. 2) Une extension extrêmement large des compétences Le Sénat a considérablement durci le texte initial en étendant les missions confiées aux policiers municipaux et aux gardes champêtres. Il ouvre ainsi la possibilité d’intervenir sur des missions relevant de la police judiciaire pour plusieurs délits, en situation de flagrance et sans acte d’enquête : vente à la sauvette, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeubles, conduite sans permis ou sans assurance, outrage sexiste, dégradations légères, introduction d’alcool dans des enceintes sportives ou port d’armes blanches. À cela se sont ajoutées d’autres infractions, notamment liées à l’alcool, à l’intrusion dans les établissements scolaires ou à certaines atteintes à l’environnement comme les abandons illégaux de déchets. Il est d’ailleurs révélateur que sur ce dernier point, pourtant essentiel pour les maires confrontés quotidiennement aux dépôts sauvages, ait été absent du texte initial. Il a fallu que nous défendions un amendement pour l’intégrer à l’article 2. Le texte élargit également les prérogatives à : relevé de l’identité de l’auteur de tout crime ou délit flagrant ; palpations de sécurité et fouilles dans certains contextes, y compris pour les gardes champêtres ; inspection de véhicules ; et le recours à des drones pour la surveillance des espaces. FOCUS sur l’extension de l’usage des drones : une menace pour les libertés publiques L’article 6 prévoit, à titre expérimental, l’usage de caméras aéroportées par les polices municipales. Cette évolution traduit un changement profond des techniques de surveillance, désormais mobiles et extensives, qui renforcent l’ingérence potentielle dans la vie privée et les libertés publiques. Le cadre proposé se veut encadré : autorisation préfectorale, finalités limitées (sécurité d’événements, régulation des flux, secours, protection d’infrastructures), interdiction de reconnaissance faciale, durée de conservation des images restreinte et expérimentation limitée à cinq ans. Malgré ces garanties, plusieurs réserves demeurent. Le Conseil constitutionnel a déjà censuré l’usage de drones par les polices municipales pour insuffisance de garanties, et la jurisprudence rappelle que toute surveillance doit être nécessaire et proportionnée.Les défenseurs des libertés alertent sur le risque de banalisation d’une surveillance généralisée de l’espace public et sur un effet dissuasif possible sur la liberté de manifestation et de participation citoyenne. Cette évolution pose une question de fond : la valeur ajoutée de la police municipale réside dans sa présence humaine et de proximité. La transformer en opérateur de surveillance technologique constitue un changement de modèle, au risque d’éloigner ces services de leur mission première. 3) Une répartition des missions brouillée et une logique de durcissement Ces évolutions brouillent la frontière entre police municipale et forces nationales. Les agents municipaux n’ont pas le statut d’officier de police judiciaire et interviennent normalement en complément des forces de l’État. En leur confiant des pouvoirs de constatation et de répression plus étendus, le texte modifie leur relation avec la population. Or leur force repose sur la médiation, la prévention, l’apaisement des tensions et l’accompagnement du quotidien. Les transformer progressivement en acteurs de la police judiciaire risque d’affaiblir cette fonction essentielle. Au-delà, la méthode et les choix opérés traduisent une orientation claire vers un renforcement du volet répressif, sans réflexion d’ensemble sur l’organisation des forces de sécurité, leur coordination et leurs moyens. 4) Des charges nouvelles pour les communes, sans garanties suffisantes Se pose également une question financière majeure. Les nouvelles compétences ne sont pas accompagnées de moyens pérennes. Aujourd’hui déjà, les communes consacrent environ 2,3 milliards d’euros à leurs polices municipales. L’extension des missions pourrait conduire l’État à se décharger davantage sur elles, sans compensation suffisante. FOCUS sur les financements régionaux : une réponse partielle et problématique L’article 9 ouvre la possibilité pour les régions de financer l’équipement des polices municipales et les systèmes de vidéosurveillance. Cette disposition complexifie la répartition des responsabilités en matière de sécurité et s’éloigne de l’esprit de clarification des compétences poursuivi par la loi NOTRe. La sécurité publique relève d’abord de la responsabilité de l’État, avec l’appui des communes pour la tranquillité publique. Introduire les régions dans ce financement dilue les responsabilités et accompagne un désengagement progressif de l’État sur des missions régaliennes. Si l’on souhaite réellement redéfinir les compétences et les moyens des collectivités en matière de sécurité, cela doit relever d’un texte global sur la décentralisation, permettant un débat d’ensemble sur les responsabilités, les financements, la compensation des charges et les financements croisés. 5) Un risque réel d’inégalités territoriales Seules environ 10 % des communes disposent d’une police municipale. L’extension des compétences sur de nombreux délits entraînera mécaniquement des différences de traitement d’un territoire à l’autre : certaines infractions pourraient n’être constatées que là où une police municipale est présente. Ce déséquilibre fait peser un risque réel sur la continuité républicaine et l’égalité devant la loi. Les citoyens ne bénéficieront pas du même niveau de contrôle et de répression selon qu’ils résident dans une commune dotée d’une police municipale

Territorialisation des politiques de l’emploi : le bilan du rapport de la Cour des comptes demandé par la commission des finances du Sénat

Depuis mon élection en septembre 2023, je siège au sein de la commission des Finances du Sénat. Dans cette commission, chaque membre est rapporteur spécial sur un champ d’action particulier, chargé d’en assurer le suivi lors de l’examen du projet de loi de finances mais aussi tout au long de l’année dans le cadre de notre mission de contrôle de l’action du Gouvernement. Pour ma part, je suis rapporteure spéciale sur les politiques de l’emploi et du travail. Ce périmètre recouvre notamment la formation professionnelle, l’apprentissage, l’insertion des jeunes et des personnes éloignées de l’emploi, l’accompagnement des demandeurs d’emploi, les mutations économiques et le développement de l’emploi, ainsi que le fonctionnement de l’opérateur public France Travail et des structures d’insertion. C’est dans ce cadre que nous avons conduit un travail de contrôle approfondi, en lien avec la Cour des comptes, portant sur la territorialisation des politiques de l’emploi. Le rapport issu de ces travaux a été présenté et rendu public le 4 février 2026. Le rapport de la Cour des comptes analyse la manière dont les politiques nationales de l’emploi prennent en compte les réalités locales. Il examine les moyens mobilisés, l’organisation de l’État et de France Travail, ainsi que les effets des réformes récentes, notamment la création du « réseau pour l’emploi ». Son objectif est clair : comprendre pourquoi les inégalités territoriales persistent et identifier les leviers permettant d’adapter plus efficacement les politiques de l’emploi aux besoins de chaque territoire. Lire le rapport complet.   Voir la discussion en commission des finances le 4 février 2026. Les trois enseignements principaux Des inégalités territoriales fortes, bien connues mais encore mal expliquées Premier constat : les inégalités territoriales face à l’emploi restent très importantes en France, malgré une amélioration globale du marché du travail ces dernières années. Les données statistiques sont nombreuses et précises jusqu’à l’échelle des bassins d’emploi, mais elles sont encore insuffisamment exploitées pour orienter l’action publique. Les écarts entre territoires demeurent marqués. Le taux de chômage dépasse 12 % dans certains départements comme les Pyrénées-Orientales, alors qu’il est nettement plus faible dans d’autres territoires franciliens ou ruraux. Dans les Yvelines, par exemple, il se situe à un niveau sensiblement inférieur à la moyenne nationale, illustrant l’existence de territoires dynamiques où les enjeux portent davantage sur les tensions de recrutement que sur le retour à l’emploi. À l’inverse, dans certains territoires ultramarins ou fragilisés, le chômage peut dépasser 15 %. La Cour souligne surtout un manque d’évaluation qualitative : si les acteurs locaux connaissent bien leurs territoires, les analyses permettant d’expliquer pourquoi certains dispositifs fonctionnent mieux ici que là restent insuffisantes. Ce déficit d’évaluation limite la capacité à adapter les politiques publiques et à tirer pleinement parti des expérimentations locales. Une politique de l’emploi encore très centralisée Deuxième enseignement : la politique de l’emploi reste largement conçue et pilotée au niveau national, laissant peu de marge d’adaptation aux territoires. En 2023, les dépenses publiques en faveur de l’emploi représentent environ 190 milliards d’euros. L’essentiel des crédits correspondent à des dispositifs nationaux difficilement territorialisables (allègements de cotisations, indemnisation du chômage…). Au final, seule une part très limitée des crédits peut être réellement adaptée localement : environ 10,6 % seulement des dépenses pour l’emploi sont pilotables par l’État et susceptibles d’ajustements territoriaux. Même les crédits déconcentrés demeurent fortement encadrés par des règles nationales. Les préfets et services territoriaux disposent donc de marges de manœuvre réduites pour adapter les dispositifs aux besoins spécifiques des territoires. France Travail lui-même fonctionne majoritairement sur des dispositifs nationaux, malgré un maillage territorial dense de près de 900 agences. La loi pour le plein emploi : une opportunité à concrétiser Troisième enseignement : la réforme issue de la loi pour le plein emploi de 2023 peut constituer un tournant si elle est pleinement mise en œuvre. Elle crée un « réseau pour l’emploi » associant l’État, les collectivités territoriales et les acteurs de l’insertion et de la formation. Des comités territoriaux pour l’emploi sont désormais installés à tous les niveaux et élaborent des feuilles de route locales pour lever les freins à l’emploi (mobilité, logement, garde d’enfants, santé) et répondre aux besoins des entreprises. La Cour appelle toutefois à la vigilance : complexité administrative, coexistence avec les structures existantes, incertitudes sur les financements et l’évaluation. La réussite de cette réforme dépendra de notre capacité à simplifier la gouvernance et à donner de réelles marges d’adaptation aux territoires. Focus : Territoires zéro chômeur de longue durée Le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée constitue l’une des expérimentations les plus abouties de territorialisation des politiques de l’emploi. Fondé sur une logique simple – partir des besoins du territoire et des compétences des personnes privées d’emploi -, il vise à créer des emplois utiles localement en CDI. Construit à partir d’un diagnostic territorial partagé entre collectivités, acteurs de l’emploi et tissu économique, il permet d’apporter des réponses adaptées aux réalités locales. Alors que son extension est envisagée, son articulation avec le nouveau réseau pour l’emploi sera déterminante pour éviter la juxtaposition des dispositifs et renforcer l’efficacité de l’action publique. L’enjeu de 2026 sera de passer d’une expérimentation à un dispositif pérenne. Grève du chômage 2025 Mon analyse de rapporteure spéciale La réforme engagée en 2023 vise à sortir d’un fonctionnement en silos pour construire une gouvernance réellement partagée des politiques de l’emploi. Elle constitue une opportunité pour rapprocher les politiques publiques des réalités du terrain. Mais les retours que je reçois des acteurs locaux sont plus nuancés. Nous disposons aujourd’hui d’une quantité considérable de données, d’indicateurs et de tableaux de bord. Pourtant, ces chiffres ne se traduisent pas toujours par des améliorations concrètes pour les personnes en recherche d’emploi ou pour les entreprises qui recrutent. La performance reste trop souvent évaluée à l’aune de l’activité administrative plutôt qu’à celle de la continuité des parcours. Améliorer la performance suppose donc aussi d’améliorer les indicateurs : mieux mesurer l’accès durable à l’emploi, la qualité de l’accompagnement, la fluidité entre formation, insertion et emploi. Aujourd’hui encore, trop de ruptures de parcours

Renouvellement de l’autorisation d’exploitation de la carrière de calcaires cimentiers situées sur les communes de Guitrancourt, Issou et Gargenville

L’autorisation d’exploitation de la carrière de calcaires cimentiers accordée en 2008, et complétée par l’arrêté préfectoral de 2011, conditionne l’extraction de calcaire sur la carrière de Guitrancourt, Issou et Gargenville, à la remise en état complète du site d’ici 2022. Or, cette remise en état n’a pas été réalisée dans les délais impartis, et a donc fait l’objet d’un nouvel arrêté en 2024, renouvelant l’autorisation d’exploitation de la carrière.  A ce jour, et malgré plusieurs aménagements facilitant la remise en état du site, l’exploitation de la carrière de Guitrancourt ne correspond pas au cadre légal initialement prévu. Une fois de plus, il est envisagé de repousser cette date de remise en état, trois ans après la première échéance. L’impératif est pourtant clair : celui de finaliser au plus vite la remise en état du site en comblant les zones extraites avec les terres inertes des travaux du Grand Paris, sans nouvelle destruction d’espaces naturels. Or, cette demande d’autorisation environnementale inclut également l’extension du site sur 9,5 ha, ainsi que la création d’une installation de stockage de déchets inertes (ISDI) sur 28,8 ha. Se traduit ici la volonté explicite du développement d’un site d’enfouissement – sans que l’enquête publique ne le mentionne clairement – loin du “retour à des espaces agricoles sur environ 74 ha” et “des boisements sur environ 28 ha pour compenser les 18 ha détruits” prévus par l’autorisation d’exploitation.  Le territoire du Mantois a connu un développement industriel qui a fortement impacté la qualité de vie des riverain•es et de leur environnement. Notons que ces dernières années la dynamique de production de logements portée par GPSEO¹ “s’est traduite par une consommation accélérée des réserves d’espaces naturels ou agricoles” posant la question du dépassement des objectifs fixés en matière d’artificialisation des sols. D’autant que de nouveaux projets d’infrastructure d’envergure, de nouveaux aménagements portuaires et routiers et un besoin toujours croissant de logements sont annoncés et de fait, continueront à faire monter la pression sur les réseaux routiers déjà fortement sollicités. Avant toute prise de décision, il sera évidemment indispensable de faire lumière sur le bien-fondé de l’exercice de la servitude discontinue et non apparente acquise pour l’exploitation du convoyeur. Cette servitude s’éteint en 2027 et, selon l’article 690 du Code civil, ne peut s’acquérir que par titre. Ce point engendre de fortes interrogations et inquiétudes justifiées, de la part de la cinquantaine de propriétaires directement concernés. Une étude vibratoire devra être envisagée. Face à ces éléments, je ne peux que défendre le respect du plan initial et de favoriser la restauration du site tel qu’il était prévu c’est-à-dire laissant place à une agriculture vivante qui préservera le cadre de vie des riverain•es. plutôt que de leur faire subir de nouvelles nuisances. Se pose ici en effet, outre le respect des engagements pris au niveau environnemental, la question de l’équilibre harmonieux des activités du territoire, qui devrait prioriser les mesures de renaturation des sites plutôt qu’une extension pour de l’enfouissement de déchets. ¹ PLHI 2025-2030 – p61

Visite du site La Poste de Bois d’Arcy

À Bois d’Arcy, pour une visite de la Plateforme Industrielle Courrier de La Poste. 6 jours par semaine, 1,5 millions de courriers y sont triés à destination de trois départements : Yvelines, Hauts-de-Seine et Eure-et-Loir. Un échange riche sur les missions de services publics de La Poste et ses offres de services autour du numérique, service à la personne, partenariats… Avec le budget 2026 voté, le groupe voit sa compensation financière pour services publics rendus encore diminuée. Nos concitoyen·nes demandent pourtant plus de présence et sont attachés à la présence postale sur leur territoire. La Poste doit rester au cœur de nos villes et villages, comme vecteur d’aménagement et de lien social.

PLF 2026 : Adoption définitive du budget pour 2026, mon retour sur ces quatre mois de débats parlementaires

À la suite du rejet des ultimes motions de censure le lundi 2 février, le Projet de Loi de Finances pour 2026 (PLF) est considéré comme définitivement adopté par le Parlement. Il devient notre Loi de Finances Initiale pour 2026 (LFI). Un parcours législatif chaotique : retour sur la procédure Ce budget aura connu un des parcours parlementaires les plus chaotiques de la Vème République.  OCTOBRE – En première lecture à l’Assemblée nationale, le texte n’a pas été adopté (un seul député a voté POUR).  NOVEMBRE – Le Sénat a examiné et voté le texte, mais avec une trajectoire de déficit considérablement dégradée. La majorité sénatoriale a supprimé plus de 8 milliards d’euros de recettes, notamment en rejetant la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises qui devait rapporter 4 milliards d’euros. DÉCEMBRE – S’en est suivie la réunion d’une commission mixte paritaire – cette instance composée de sept députés et sept sénateurs chargée de trouver un compromis entre les versions des deux assemblées. Elle a échoué, faute d’accord. Une loi de finances spéciale a dû être adoptée en urgence pour permettre à l’Etat de prélever des impôts au 1er janvier. JANVIER – Le texte est revenu en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale, où le gouvernement a finalement imposé sa version par le 49.3. Deux motions de censure ont été rejetées le 28 janvier. Le lendemain, le Sénat a rejeté le budget sans même l’examiner, s’imposant, à lui-même, un « 49-3 sénatorial » via l’adoption d’une question préalable. FÉVRIER – Le gouvernement a clos cette séquence en imposant son texte à l’Assemblée nationale. Pour cela, il a utilisé – tout un symbole – la procédure du « dernier mot » à la chambre basse, afin d’imposer définitivement son budget par le 49.3. Quatre mois de débats pour un résultat qui n’apporte aucune solution structurelle aux défis de notre pays. Un budget, quatre régressions Ce texte est définitivement un budget de régressions : Régression fiscale : les inégalités vont continuer de s’accroître Alors que la France compte un nombre record de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, ce budget refuse de faire contribuer les plus fortunés « selon leurs facultés ». Quelques mesurettes de justice fiscale ont été adoptées : la taxe sur les holdings patrimoniales rapportera 100 millions d’euros (contre 1 milliard prévu initialement), la contribution différentielle sur les hauts revenus environ 2 milliards, et la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises 7,5 milliards. Soit moins de 10 milliards au total. Un effort dérisoire face à l’injustice fiscale documentée par l’économiste Gabriel Zucman : les ultra-riches paient proportionnellement deux fois moins d’impôts que le Français moyen (26 % de leurs revenus contre 50 % en moyenne). Cette situation résulte de huit années de cadeaux fiscaux : suppression de l’ISF, flat tax, baisse de l’impôt sur les sociétés. Ces choix représentent 207 milliards d’euros de manque à gagner entre 2018 et 2023, soit près d’un quart de la hausse de la dette publique. Le budget 2026 perpétue cette logique : on fait payer la dette aux classes populaires alors qu’elle a été creusée par des cadeaux aux plus fortunés. https://ghislainesenee.com/wp-content/uploads/2026/02/milliardaires.mp4 Régression sociale : un budget qui frappe les plus fragiles Le budget 2026 marque des reculs sociaux considérables. Beaucoup de mesures chocs ont finalement été abandonnées face à la mobilisation (suppression de deux jours fériés, gel de toutes les prestations sociales, suppression de la prime de Noël pour 1,2 million d’allocataires) mais cela n’enlève rien à la logique d’ensemble : faire payer la crise des finances publiques en grande partie par les plus vulnérables. La suppression de 4 000 postes d’enseignants pénalise directement les élèves, en particulier les plus modestes qui ont le plus besoin de l’école publique. La suppression des APL pour 300 000 étudiants extra-communautaires non boursiers, l’instauration d’une taxe de 50 euros pour saisir les prud’hommes, et le triplement du coût des titres de séjour (de 200 à 300 euros) dressent des obstacles financiers à l’accès aux droits fondamentaux. Enfin, la suppression de 515 emplois à France Travail et la coupe de 200 millions d’euros dans l’insertion par l’activité économique (soit 60 000 personnes de moins accompagnées par l’IAE) précarise un peu plus les personnes les plus éloignées de l’emploi et ajoute de l’instabilité préjudiciable pour les PME et TPE. Régression climatique : le désengagement environnemental Face à l’urgence climatique, ce budget persévère dans le renoncement. Le Fonds vert, qui finance les projets d’adaptation au changement climatique des collectivités, a été divisé par quatre en deux ans : de 2,5 milliards d’euros en 2024, il passe à 650 millions en 2026. Cette coupe assez drastique de 66 % en deux ans intervient au pire moment, alors que les collectivités doivent accélérer la transition écologique de leurs territoires. Le Fonds Barnier, qui gère la prévention et la prise en charge des risques naturels majeurs, fait l’objet d’un choix délibéré de sous-dotation. Alors qu’il dispose d’une recette propre – la surprime CatNat sur les contrats d’assurance qui a été augmentée en janvier 2025 – l’État prélève 210 millions d’euros sur 510, limitant son abondement à 300 millions. Comment prétendre renforcer la prévention tout en asséchant ses moyens ? Les investissements dans la rénovation énergétique des bâtiments publics, les aménagements cyclables, la protection de la biodiversité sont tous frappés par ces réductions budgétaires. Le gouvernement affirme vouloir simplifier les normes de rénovation énergétique pour « dégager une économie de 1,6 milliard d’euros pour les collectivités », mais cette simplification ressemble surtout à un renoncement déguisé aux objectifs climatiques nationaux. Régression démocratique : un budget finalement bel et bien imposé Le gouvernement Lecornu n’avait qu’un seul mandat : s’en tenir au bilan fiscal de Macron. La mission est réussie. Dès le départ, aucune volonté réelle de compromis n’a existé. Toute mesure s’écartant, même marginalement, de l’orthodoxie néolibérale était vouée à être rejetée par l’ancienne majorité présidentielle. Les rares concessions concédées l’ont été moins par conviction que par tactique. Elles se sont traduites par des gestes ciblés à destination des socialistes

Fin de vie et soins palliatifs : un débat essentiel, un texte dénaturé par le Sénat

L’examen des propositions de loi relatives à l’aide à mourir et à l’accès garanti aux soins palliatifs s’est achevé ce mercredi 28 janvier au Sénat, en première lecture. Les textes issus de l’Assemblée nationale étaient le fruit d’un travail équilibré et profondément respectueux des personnes. Ceux qui sortent du Sénat ne sont malheureusement pas à la hauteur de cet enjeu humain, médical et démocratique majeur. Un débat empêché, un texte affaibli La majorité sénatoriale a fait le choix de détricoter en profondeur les deux propositions de loi. Au lieu d’un débat serein et constructif, nous avons assisté à une remise en cause systématique de l’équilibre du texte, au détriment des droits des patients et de leurs proches. Ce retour en arrière constitue une fragilisation y compris de l’esprit de la loi Claeys-Leonetti. Le Sénat aurait pu jouer pleinement son rôle : améliorer le texte, renforcer ses garanties, approfondir ses équilibres. Il a préféré en réduire la portée, en limitant drastiquement le droit à l’aide à mourir et en affaiblissant l’ambition d’un accès effectif aux soins palliatifs. Une loi encadrée, équilibrée et protectrice Contrairement à ce qui a été affirmé, la proposition de loi issue de l’Assemblée nationale était très strictement bornée et protectrice. Elle reposait sur des principes clairs : le respect de la volonté du patient, un encadrement médical strict, des garanties éthiques fortes, la complémentarité entre soins palliatifs et aide à mourir, la centralité du consentement. Reconnaître l’aide à mourir ne signifie pas remettre en cause la valeur de la vie. C’est reconnaître que, dans certaines situations extrêmes, la médecine ne peut plus guérir ni soulager suffisamment, et que la dignité et la liberté de la personne doivent être respectées jusqu’au bout. L’aide à mourir ne s’oppose pas aux soins palliatifs : elle les complète. Elle constitue une réponse humaine à des situations où la souffrance devient insupportable malgré l’accompagnement médical. Pour une évolution digne de notre société Depuis plusieurs décennies, les progrès médicaux ont profondément transformé notre rapport à la fin de vie. La mort n’est plus seulement un événement naturel : elle est souvent médicalisée, parfois prolongée au-delà de ce que souhaitent les personnes concernées. Face à cette réalité, notre responsabilité politique est claire : garantir à chacune et chacun le droit de vivre la fin de sa vie dans la dignité, la lucidité et la paix. Il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’un progrès de civilisation. Un progrès juridique, éthique et humain, qui place le patient au cœur de la décision et reconnaît la liberté fondamentale de disposer de soi. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Ghislaine Senée (@ghislainesenee) Et maintenant ? Les textes seront examinés dans trois semaines en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Les députés vont probablement rétablir les équilibres initiaux, tels qu’ils avaient été adoptés en première lecture. Si le Sénat persiste, en deuxième lecture, à refuser de jouer pleinement son rôle constitutionnel d’amélioration constructive de la loi, l’issue institutionnelle est connue : c’est la version de l’Assemblée nationale qui prévaudra et le Sénat n’aura rien apporté au débat. Nous continuerons, au groupe Ecologiste du Sénat, avec notre cheffe de file Anne Souyris, à défendre une évolution du droit de la fin de vie : une loi exigeante, encadrée et profondément humaine, qui garantisse à chacune et chacun le respect de sa volonté et de sa dignité jusqu’au dernier moment.

Visite d’Insersite

Visite d’Insersite, un chantier d’insertion numérique basé aux Mureaux. Cette structure emploie 45 salarié·es qui mettent leurs compétences au service de projets variés liés au numérique : développement, design, maintenance informatique, communication… Véritable espace de formation et d’accompagnement social pour des personnes souvent éloignées de l’emploi, Insersite illustre parfaitement les réussites de l’insertion par l’activité économique : un retour vers l’emploi durable, doublé d’un regain de confiance en soi. Pourtant, l’Etat a fait de l’IAE une variable d’ajustement budgétaire, en remettant en cause des projets déjà engagés par les structures, par des gels de crédits. Ces choix empêchent toute vision de long terme pour ces structures, alors contraintes de revoir à la baisse leurs objectifs d’accompagnement. Outils essentiels du maillage territorial de la politique de l’emploi, en lien étroit avec les partenaires locaux, je plaide pour la pérennisation des crédits alloués aux structures de l’IAE.

Projet stratégique 2026-2030 d’Haropa Port

Le projet stratégique 2026-2030 d’Haropa Port revêt évidemment une importance particulière pour les élus du territoire de GPSEO, tant l’impact et les externalités des activités économiques de l’axe Seine sont grands. Se posent ici la question de l’aménagement du territoire, de la réindustrialisation portée sans grand succès jusqu’à présent, tout en respectant la qualité de vie des habitants. En l’état, et alors que les flux marchands s’intensifient, Haropa Port doit donc porter une attention toute particulière, jusqu’à faire preuve d’exemplarité, pour limiter radicalement les impacts négatifs sur le quotidien des riverains, leur environnement et la biodiversité. Pour ce qui concerne le fret, le recours à l’intermodalité, donnant priorité aux modes de transport ferroviaire et maritime, doit être une priorité ; l’objectif étant de réduire progressivement le recours aux camions et développer un modèle le plus décarboné. Ces modes d’acheminement évitent des nuisances (sonores, visuelles, sanitaires, écologiques) fortes pour les riverain•es, tout en évitant un engorgement du trafic routier déjà largement ressenti le long de l’axe Seine, des deux côtés de la rive, de Mantes-la-Jolie à Poissy. De plus, cette intermodalité doit être effective durant tout le processus d’acheminement de la marchandise, y compris dans les ports franciliens : les marchandises doivent pouvoir être directement transportées des bateaux vers les trains par liaison ferroviaire. C’était une des préconisations du précédent SDRIF concernant PSMO entre autres. Par conséquent, les points suivants attirent toute ma vigilance dans le projet stratégique 2026–2030 d’Haropa Port. Plateforme multimodale de PSMO La question de la multimodalité est particulièrement adéquate s’agissant de PSMO. Les voies ferroviaires n’ayant pas été mises en oeuvre jusqu’au site de St Germain, la multimodalité entre transport fluvial et ferroviaire est compromise. Or, l’implantation d’un port de matériaux me semble cohérente à la seule condition de ne pas générer dans cette zone déjà saturée plus de trafic routier : c’est une réelle alerte que je formule ici. L’alternative routière via le Pont d’Achères, sans la déviation RD154 qui a été rejeté par la commune de Verneuil, est une hérésie car elle déviera le trafic vers la boucle enclavée de Chanteloup avec pour seul exutoire deux ponts dont le nouveau Pont de Triel qui, s’il peut absorber aujourd’hui plus de trafic, débouche ensuite vers le pont d’Orgeval qui enjambe l’A13 pour desservir la Zone commerciale d’Orgeval déjà fortement saturée. Autre sujet : l’Automatisation du site fait que cette activité industrielle sera finalement peu créatrice d’emplois. Cela rend plus difficile l’acceptation des nuisances par la population. Il faudra donc veiller à ce que le territoire ne soit pas perdant dans cette affaire, même si je souligne tout l’intérêt général porté par ce projet de retraitement des matériaux et déchets inertes du Grand Paris. Se pose donc l’impératif de développement des capacités ferroviaires de la zone, qui ne pourra se faire : sans le projet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui permettra d’offrir de nouveaux sillons au Fret tout en minimisant l’impact de la hausse de trafic sur le transport voyageur, ni sans une réactualisation de la stratégie fret et logistique francilienne qui devient impérative (avec notamment le projet Fret de contournement de l’Ile-de-France). Extension de la plateforme logistique de Limay Le projet d’extension de la plateforme logistique de Limay a pour attrait de répondre aux besoins du monde économique, tout en évitant une artificialisation inutile des sols. À noter sur ce projet, qu’en procédant au rachat des parcelles du “triangle nord’, la mairie de Limay répond aux besoins formulés par Haropa Port en 2016 : il apparaît donc cohérent de poursuivre ce processus, d’autant que cette zone offre des perspectives intéressantes d’aménagements, s’agissant notamment de la récupération de la chaleur fatale au profit d’un réseau de chaleur si un datacenter devait s’y faire. Là encore, les habitants doivent pouvoir y trouver un intérêt alors même que le site s’agrandit toujours plus. Par conséquent, il me semble crucial de s’inscrire dans la continuité du projet d’extension initial, en répondant aux demandes de M. Nedjar. Port de Gennevilliers et Projet Green Dock Les projets relevant du site de Gennevilliers ne détaillent pas l’intégration de Green Dock – dont l’enquête publique en cours permettra au Préfet des Hauts-de-Seine et au Maire de Gennevilliers de se prononcer sur le permis de conduire déposé. Ce projet a manifestement été construit sans réelle concertation avec les associations locales et les citoyen•nes, et a de graves conséquences sur la biodiversité et la pérennité environnementale de la zone. Quelle que soit la décision finalement adoptée par les autorités compétentes, j’alerte sur la responsabilité d’Haropa Port dans ses projets d’infrastructures : le développement marchand de l’axe Seine ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité, de l’environnement, de la santé et de la qualité de vie des riverain•es ni entrer en contradiction avec les engagements environnementaux pris dans ce projet stratégique. Le Canal-Seine-Nord L’artificialisation liée à la construction du Canal-Seine-Nord est particulièrement préoccupante : 3000 hectares de terres impactées, et une retenue d’eau de 14 millions de m³. La nécessité de décarbonation du transport via le développement du trafic fluvial n’est pas un argument suffisant à l’artificialisation – d’autant que le report modal prévu par ce projet ne peut être assurément précisé. Je me questionne également sur l’équilibre économique prévu : en faisant le choix du Canal-Seine-Nord, Haropa devra faire face à la rude concurrence des deux plus grands ports d’Europe. D’autant que nous avons pris du retard sur la réindustrialisation et notre capacité d’exportation de produits manufacturés. Les conséquences du projet sur le devenir de l’axe Seine doivent donc être impérativement étayées, en lien avec les services de l’Etat, pour définir une réelle cohérence du développement d’Haropa Port dans ce contexte particulier. En conclusion, j’appuie sur l’impérative concertation des élu•es locaux, citoyen•nes et associations pour l’ensemble des projets prévus par Haropa Port, à l’instar de la phase de concertation menée pour PSMO. Les impacts – environnementaux, sanitaires, économiques – doivent être parfaitement mesurés et communiqués en toute transparence : il est impératif de mettre en exergue les impacts induits

Mission Emploi Travail : La politique de l’emploi ou la variable d’ajustement budgétaire de l’Etat.

Demain, la Mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » – telle que présentée par le gouvernement – sera examinée au Sénat, dans le cadre de la partie “dépenses” du Projet de Loi de Finances.  Je suis particulièrement soucieuse des coupes budgétaires que subissent les programmes de cette mission, notamment pour l’accès et le retour à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignés. Depuis deux ans, cette mission est la variable d’ajustement budgétaire du gouvernement : – 1,6 milliard dans le décret d’annulation en février 2024, – 2,8 milliards en fin de gestion 2024, – 1,1 milliard en loi de finances initiale pour 2025, de nouveau – 3 dans le projet du gouvernement pour 2026. C’est un choix politique, aux conséquences sévères.  La politique d’apprentissage a fait l’objet d’un investissement massif durant les cinq dernières années, preuve que l’argent public peut être trouvé pour financer des projets d’envergure. Mais aujourd’hui, on choisit de fragiliser encore la politique de l’emploi dans un contexte de délaissement des services publics. On le comprend bien, ce cercle vicieux nous mènera inexorablement à la précarisation de personnes déjà vulnérables. Faisons preuve de responsabilité : on ne peut pas réduire les budgets sous un prétexte économique, sans penser aux répercussions – certainement plus coûteuses – de ce démantèlement.  *** Personne n’est dupe, les grands perdants de ces coupes budgétaires sont les opérateurs du retour à l’emploi et leurs bénéficiaires : c’est un abandon assumé des personnes les plus éloignées de l’emploi. Depuis 2023, les missions opérées par France Travail sont croissantes : accompagnement des demandeurs d’emploi, formation, prospection auprès des employeurs, contrôles des bénéficiaires… Comment justifier la réduction des crédits de France Travail, ainsi que du nombre de ses salariés, lorsqu’un accroissement de ses missions est opéré en parallèle? A titre de comparaison, en France, avec 2,4 millions de chômeur·euses et 55 000 agents (soit 1 agent pour 43 demandeurs d’emploi), le service public de l’emploi est proportionnellement moins doté qu’en Allemagne, qui compte 3 millions de chômeur·euses, mais 120 000 agents (soit 1 agent pour 25 demandeurs d’emploi). D’autant que le territoire français est bien plus vaste à couvrir. Dans la même dynamique, les missions locales voient leur nombre de bénéficiaires croître – et en particulier les jeunes mineurs non pris en charge par France Travail. Pourtant, les missions locales souffrent d’une baisse de leurs dotations (-13%, soit 77 millions d’euros). Ces mêmes jeunes dont l’enseignement secondaire a été perturbé par la crise sanitaire, se trouvent aujourd’hui sans accompagnement suffisant, dans un contexte d’abandon massif des politiques jeunesses (estimé à -1 milliard). Bien au contraire, c’est dans ce contexte précis qu’il nous faut absolument préserver nos jeunes.  Finalement, alors que les acteurs de l’insertion par l’activité économique proposent des solutions innovantes pour un retour à l’emploi, et en particulier pour les personnes qui en sont le plus éloignées, ils risquent aujourd’hui de voir leurs dotations baisser sévèrement (-244 millions d’euros). A l’heure où le travail est – à juste titre – repensé comme vecteur de lien social, l’insertion par l’activité économique devrait être une priorité.  *** Enfin, les coupes drastiques dans la politique de l’emploi auront des conséquences sévères pour les collectivités : car lorsque l’Etat se désengage, ce sont souvent les collectivités locales qui prennent le relais. Au plus proche de leurs administrés, les communes auront donc la charge de pallier aux manquements de l’Etat, alors même qu’ils sont progressivement privés de leur autonomie financière.  En bref, on demande aux acteurs de la politique de l’emploi et aux collectivités de faire plus avec moins, tout en refusant catégoriquement et systématiquement de faire contribuer les plus riches à l’effort budgétaire. Pourtant, un autre modèle de justice sociale pourrait – et devrait – être envisagé, en cohérence avec les revendications des français•es.  Ghislaine Senée, Rapporteure de la Mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux ».

Grève du chômage 2025

Soutien à la grève du chômage 2025, organisée par les acteurs de l’insertion par l’activité économique – et notamment par Territoires zéro chômeur de longue durée ! La grève du chômage, c’est l’occasion pour les 2,2 millions de personnes au chômage de longue durée en France, de revendiquer leur droit à l’emploi. Au travers d’expérimentations innovantes, des structures comme Territoires zéro chômeurs participent à l’accompagnement vers le retour à l’emploi, mais également au resserrement du lien social. Car la précarité économique n’est pas la seule conséquence de la privation durable d’emploi. Dans les Yvelines, le territoire des Mureaux est l’illustration de la réussite de ce projet: ce sont 51 personnes qui ont été embauchées en CDI au sein de l’Entreprise à But d’Emploi Mur’envol depuis mars 2024, et 84 personnes qui sont sorties durablement de la privation d’emploi grâce à l’accompagnement de TZCLD Les Mureaux!

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