Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines

Contribution

Renouvellement de l’autorisation d’exploitation de la carrière de calcaires cimentiers situées sur les communes de Guitrancourt, Issou et Gargenville

L’autorisation d’exploitation de la carrière de calcaires cimentiers accordée en 2008, et complétée par l’arrêté préfectoral de 2011, conditionne l’extraction de calcaire sur la carrière de Guitrancourt, Issou et Gargenville, à la remise en état complète du site d’ici 2022. Or, cette remise en état n’a pas été réalisée dans les délais impartis, et a donc fait l’objet d’un nouvel arrêté en 2024, renouvelant l’autorisation d’exploitation de la carrière.  A ce jour, et malgré plusieurs aménagements facilitant la remise en état du site, l’exploitation de la carrière de Guitrancourt ne correspond pas au cadre légal initialement prévu. Une fois de plus, il est envisagé de repousser cette date de remise en état, trois ans après la première échéance. L’impératif est pourtant clair : celui de finaliser au plus vite la remise en état du site en comblant les zones extraites avec les terres inertes des travaux du Grand Paris, sans nouvelle destruction d’espaces naturels. Or, cette demande d’autorisation environnementale inclut également l’extension du site sur 9,5 ha, ainsi que la création d’une installation de stockage de déchets inertes (ISDI) sur 28,8 ha. Se traduit ici la volonté explicite du développement d’un site d’enfouissement – sans que l’enquête publique ne le mentionne clairement – loin du “retour à des espaces agricoles sur environ 74 ha” et “des boisements sur environ 28 ha pour compenser les 18 ha détruits” prévus par l’autorisation d’exploitation.  Le territoire du Mantois a connu un développement industriel qui a fortement impacté la qualité de vie des riverain•es et de leur environnement. Notons que ces dernières années la dynamique de production de logements portée par GPSEO¹ “s’est traduite par une consommation accélérée des réserves d’espaces naturels ou agricoles” posant la question du dépassement des objectifs fixés en matière d’artificialisation des sols. D’autant que de nouveaux projets d’infrastructure d’envergure, de nouveaux aménagements portuaires et routiers et un besoin toujours croissant de logements sont annoncés et de fait, continueront à faire monter la pression sur les réseaux routiers déjà fortement sollicités. Avant toute prise de décision, il sera évidemment indispensable de faire lumière sur le bien-fondé de l’exercice de la servitude discontinue et non apparente acquise pour l’exploitation du convoyeur. Cette servitude s’éteint en 2027 et, selon l’article 690 du Code civil, ne peut s’acquérir que par titre. Ce point engendre de fortes interrogations et inquiétudes justifiées, de la part de la cinquantaine de propriétaires directement concernés. Une étude vibratoire devra être envisagée. Face à ces éléments, je ne peux que défendre le respect du plan initial et de favoriser la restauration du site tel qu’il était prévu c’est-à-dire laissant place à une agriculture vivante qui préservera le cadre de vie des riverain•es. plutôt que de leur faire subir de nouvelles nuisances. Se pose ici en effet, outre le respect des engagements pris au niveau environnemental, la question de l’équilibre harmonieux des activités du territoire, qui devrait prioriser les mesures de renaturation des sites plutôt qu’une extension pour de l’enfouissement de déchets. ¹ PLHI 2025-2030 – p61

Projet stratégique 2026-2030 d’Haropa Port

Le projet stratégique 2026-2030 d’Haropa Port revêt évidemment une importance particulière pour les élus du territoire de GPSEO, tant l’impact et les externalités des activités économiques de l’axe Seine sont grands. Se posent ici la question de l’aménagement du territoire, de la réindustrialisation portée sans grand succès jusqu’à présent, tout en respectant la qualité de vie des habitants. En l’état, et alors que les flux marchands s’intensifient, Haropa Port doit donc porter une attention toute particulière, jusqu’à faire preuve d’exemplarité, pour limiter radicalement les impacts négatifs sur le quotidien des riverains, leur environnement et la biodiversité. Pour ce qui concerne le fret, le recours à l’intermodalité, donnant priorité aux modes de transport ferroviaire et maritime, doit être une priorité ; l’objectif étant de réduire progressivement le recours aux camions et développer un modèle le plus décarboné. Ces modes d’acheminement évitent des nuisances (sonores, visuelles, sanitaires, écologiques) fortes pour les riverain•es, tout en évitant un engorgement du trafic routier déjà largement ressenti le long de l’axe Seine, des deux côtés de la rive, de Mantes-la-Jolie à Poissy. De plus, cette intermodalité doit être effective durant tout le processus d’acheminement de la marchandise, y compris dans les ports franciliens : les marchandises doivent pouvoir être directement transportées des bateaux vers les trains par liaison ferroviaire. C’était une des préconisations du précédent SDRIF concernant PSMO entre autres. Par conséquent, les points suivants attirent toute ma vigilance dans le projet stratégique 2026–2030 d’Haropa Port. Plateforme multimodale de PSMO La question de la multimodalité est particulièrement adéquate s’agissant de PSMO. Les voies ferroviaires n’ayant pas été mises en oeuvre jusqu’au site de St Germain, la multimodalité entre transport fluvial et ferroviaire est compromise. Or, l’implantation d’un port de matériaux me semble cohérente à la seule condition de ne pas générer dans cette zone déjà saturée plus de trafic routier : c’est une réelle alerte que je formule ici. L’alternative routière via le Pont d’Achères, sans la déviation RD154 qui a été rejeté par la commune de Verneuil, est une hérésie car elle déviera le trafic vers la boucle enclavée de Chanteloup avec pour seul exutoire deux ponts dont le nouveau Pont de Triel qui, s’il peut absorber aujourd’hui plus de trafic, débouche ensuite vers le pont d’Orgeval qui enjambe l’A13 pour desservir la Zone commerciale d’Orgeval déjà fortement saturée. Autre sujet : l’Automatisation du site fait que cette activité industrielle sera finalement peu créatrice d’emplois. Cela rend plus difficile l’acceptation des nuisances par la population. Il faudra donc veiller à ce que le territoire ne soit pas perdant dans cette affaire, même si je souligne tout l’intérêt général porté par ce projet de retraitement des matériaux et déchets inertes du Grand Paris. Se pose donc l’impératif de développement des capacités ferroviaires de la zone, qui ne pourra se faire : sans le projet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui permettra d’offrir de nouveaux sillons au Fret tout en minimisant l’impact de la hausse de trafic sur le transport voyageur, ni sans une réactualisation de la stratégie fret et logistique francilienne qui devient impérative (avec notamment le projet Fret de contournement de l’Ile-de-France). Extension de la plateforme logistique de Limay Le projet d’extension de la plateforme logistique de Limay a pour attrait de répondre aux besoins du monde économique, tout en évitant une artificialisation inutile des sols. À noter sur ce projet, qu’en procédant au rachat des parcelles du “triangle nord’, la mairie de Limay répond aux besoins formulés par Haropa Port en 2016 : il apparaît donc cohérent de poursuivre ce processus, d’autant que cette zone offre des perspectives intéressantes d’aménagements, s’agissant notamment de la récupération de la chaleur fatale au profit d’un réseau de chaleur si un datacenter devait s’y faire. Là encore, les habitants doivent pouvoir y trouver un intérêt alors même que le site s’agrandit toujours plus. Par conséquent, il me semble crucial de s’inscrire dans la continuité du projet d’extension initial, en répondant aux demandes de M. Nedjar. Port de Gennevilliers et Projet Green Dock Les projets relevant du site de Gennevilliers ne détaillent pas l’intégration de Green Dock – dont l’enquête publique en cours permettra au Préfet des Hauts-de-Seine et au Maire de Gennevilliers de se prononcer sur le permis de conduire déposé. Ce projet a manifestement été construit sans réelle concertation avec les associations locales et les citoyen•nes, et a de graves conséquences sur la biodiversité et la pérennité environnementale de la zone. Quelle que soit la décision finalement adoptée par les autorités compétentes, j’alerte sur la responsabilité d’Haropa Port dans ses projets d’infrastructures : le développement marchand de l’axe Seine ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité, de l’environnement, de la santé et de la qualité de vie des riverain•es ni entrer en contradiction avec les engagements environnementaux pris dans ce projet stratégique. Le Canal-Seine-Nord L’artificialisation liée à la construction du Canal-Seine-Nord est particulièrement préoccupante : 3000 hectares de terres impactées, et une retenue d’eau de 14 millions de m³. La nécessité de décarbonation du transport via le développement du trafic fluvial n’est pas un argument suffisant à l’artificialisation – d’autant que le report modal prévu par ce projet ne peut être assurément précisé. Je me questionne également sur l’équilibre économique prévu : en faisant le choix du Canal-Seine-Nord, Haropa devra faire face à la rude concurrence des deux plus grands ports d’Europe. D’autant que nous avons pris du retard sur la réindustrialisation et notre capacité d’exportation de produits manufacturés. Les conséquences du projet sur le devenir de l’axe Seine doivent donc être impérativement étayées, en lien avec les services de l’Etat, pour définir une réelle cohérence du développement d’Haropa Port dans ce contexte particulier. En conclusion, j’appuie sur l’impérative concertation des élu•es locaux, citoyen•nes et associations pour l’ensemble des projets prévus par Haropa Port, à l’instar de la phase de concertation menée pour PSMO. Les impacts – environnementaux, sanitaires, économiques – doivent être parfaitement mesurés et communiqués en toute transparence : il est impératif de mettre en exergue les impacts induits

Communiqué de Presse : Liaison RD30/RD190 et Pont d’Achères : il est encore temps de renoncer à ce projet anachronique et inadapté

Les travaux de l’A104 Bis, débutés en septembre 2023, sont pour le moment mis à l’arrêt par décision de la mairie de Triel-sur-Seine. De fait, entre le 16 et le 18 septembre 2025, 147 arbres ont été coupés dans les communes de Triel-sur-Seine et d’Achères, soulevant colère et incompréhension de la population. Après avoir massacré la pointe naturelle de l’Ile de la Dérivation et le chemin des berges, les conséquences environnementales directes de ce projet de liaison routière se font plus évidentes. Il faut définitivement abandonner ce projet avant qu’il ne soit trop tard. Le projet de liaison RD30–RD190 est le résidu d’une vision de l’aménagement du territoire obsolète, consistant à toujours plus bétonner pour faciliter ou détourner un trafic routier qui créera de nouveaux goulots d’étranglements et donc de nouveaux espaces de congestion. Ce projet c’est : L’augmentation du trafic routier dans les zones de vie d’Achères et d’Orgeval, avec le passage de 40 000 véhicules chaque jour sur le pont d’Achères. L’augmentation de 114% du trafic routier sur l’A13, déjà saturé, ayant pour conséquences l’augmentation de 14% les émissions de gaz à effet de serre sur les routes du territoire. Le développement de la pollution de l’air ainsi que de la pollution sonore pour les riverain•es. L’artificialisation des sols et la destruction de plus de 40 espèces protégées. Il est tout particulièrement aberrant de créer un afflux important de camions de transit vers la zone commerciale d’Orgeval et de Villennes, qui souffre déjà de congestion. Imaginez ces camions bloquant la sortie déjà compliquée du Lidl, ou encore obligés de faire le tour du rond-point bloquant qui dessert l’enseigne Bricorama et mène vers Bures/Morainvilliers ! En plus d’être injustifié, ce projet dévoile des dépenses astronomiques dont les contours restent flous. À l’heure où l’on demande aux français•es de se serrer la ceinture, le Département engage 200 millions pour ce projet, sans compter les frais d’entretien des ponts – évalués entre 25 000 et 40 000 euros par an et par pont – et les coûts d’investissement à prévoir liés à la réalisation de l’échangeur d’Orgeval et l’agrandissement de la RD154 et de la RD190. L’état de notre climat et des finances locales nous imposent une culture nouvelle de la sobriété dans nos projets d’aménagement. Je reste résolument opposée à ce projet et j’appelle le Département des Yvelines à définitivement renoncer à l’A104 bis.

Communiqué de Presse : ligne nouvelle paris-mantes-normandie : il est urgent de relancer la concertation !

La Ligne Nouvelle Paris Normandie est un projet d’intérêt interrégional, qui vise à améliorer les conditions de déplacements des Franciliens et des Normands, et constitue un véritable levier de décarbonation des mobilités. Elle ne peut être mise au ban pour des raisons politiciennes. La consultation du public sur le tracé, préalable à l’enquête publique, doit reprendre au plus vite. Les écologistes soutiennent la Ligne Nouvelle Paris-Mantes-Normandie, dénomination plus adéquate et solution ferroviaire équilibrée, qui comprend la création de voies nouvelles et la réhabilitation de l’existant, suite à l’abandon salutaire de projet de Ligne à Grande Vitesse. La consultation du public lancée au printemps dernier, et qui est au cœur des débats politiques dans nos deux régions depuis, ne concerne que le tracé entre Paris et Mantes et entre Rouen et le viaduc de Barentin, deux sections de la phase décrétée comme prioritaires par le gouvernement en 2020. Refuser le développement du ferroviaire entre l’Ile-de-France et la Normandie, c’est faire le choix du routier (via l’A13 ou l’A14), déjà saturé et émetteur de 94% des gaz à effet de serre du secteur des transports. Et c’est irresponsable ! Cette voie ferrée supplémentaire entre Paris et Mantes, dédiée à la Normandie, met fin à la concurrence qui règne actuellement entre les trains des deux régions. Il est le préalable impératif à l’amélioration des conditions de transport sur la ligne J du transilien et à l’arrivée du RER E jusqu’à Mantes-la-Jolie. Outre le gain en termes de qualité de service pour l’ensemble des voyageurs, c’est aussi une alternative au transit routier qui sature nos routes de camions et une solution supplémentaire à la montée en charge programmée du fret ferroviaire. Du côté de Rouen, la création d’une nouvelle gare Rive-Gauche permet le déploiement pleinement effectif du Service Express Régional Métropolitain (SERM), alternative décarbonée aux projets routiers. Le débat sur un projet de transport si important ne peut être mené dans l’antichambre des partis de droite. La consultation du public doit reprendre au plus vite, pour informer les habitants des différents départements concernés de la réalité du projet, débattre pour améliorer le projet de tracé de la SNCF Réseau avant l’enquête publique et permettre à chacun de poser les conditions de son soutien. Pour les écologistes, l’arrêt à Mantes des trains normands n’est pas négociable et la consommation des terres doit être pensée de manière à limiter au maximum les impacts fonciers du projet. En l’état, ajouter une voie ferrée entre des voies ferrées déjà existantes et une autoroute ne constitue pas une menace pour la souveraineté alimentaire. L’enjeu de la concertation du public sur le tracé est d’échanger et de trouver des compromis, avec une boussole pour les écologistes : face au péril climatique, le ferroviaire est toujours une solution, pas un problème.   Signataires : Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines, David Cormand, Eurodéputé, Cyrille Moreau, Vice-président en charge des transports, des mobilités d’avenir et des modes actifs de déplacement à la métropole Rouen-Normandie, Laetitia Sanchez, conseillère régionale de Normandie, co-présidente du groupe “Normandie Écologie”, Maire du village de Saint-Pierre-du-Vauvray, Rudy L’Orphelin, conseiller régional de Normandie, co-président du groupe “Normandie Écologie”, conseiller municipal et communautaire de Caen, Charlotte Nenner, conseillère régionale d’Ile-de-France, groupe Pôle Écologiste à la région Ile-de-France.

Communiqué de Presse : la ligne-nouvelle-paris-mantes-normandie doit voir le jour

L’ajout d’un sillon supplémentaire, longeant la vallée de Seine, pour les flux en provenance ou à destination de la Normandie, est impératif pour assurer la qualité de l’offre de transport du territoire Nord Yvelines, pour répondre demain à l’augmentation des besoins liée à l’urbanisation croissante et plus largement pour atteindre les objectifs de décarbonation des flux de personnes et de marchandises.   La première phase de concertation pour la Ligne-Nouvelle-Paris-Normandie (LNPN) a débuté. Dans ce cadre, la Communauté Urbaine GPSEO appelle l’ensemble de ses communes à voter une délibération contre ce projet en conseil communautaire le jeudi 27 Juin prochain. Il est donc urgent d’expliquer pourquoi ce territoire devrait plutôt défendre une vision à long terme et ne pas s’opposer à la création de voies ferrées supplémentaires sur le territoire. Aujourd’hui, la ligne J Paris-Mantes dans ses parties à deux voies, côté Rive gauche (Groupe 5) mais aussi Rive droite (Groupe 6), qui sert souvent de solutions de délestage, constitue l’un des plus importants points d’engorgement du réseau francilien. S’y succèdent des trains de grandes lignes pour les deux Normandie, de cabotage vers Evreux et Rouen, essentiellement porteurs de déplacements domicile-travail, des trains transiliens directs ou semi-directs et des trains de FRET. Le moindre grain de sable fragilise la ligne J dans son ensemble jusqu’à Saint-Lazare, impacte sa fiabilité et son taux de ponctualité. Rappelons-le, aujourd’hui, en cas de pépin sur les trains normands, ce sont systématiquement les usagers Franciliens qui en paient le prix. Aussi, de manière très concrète pour notre territoire, la création de nouvelles voies, même si elles sont dédiées à la Normandie, renforcera substantiellement la robustesse de la ligne J existante. Le saut de mouton à Saint-Lazare, lancé grâce au projet LNPN, va véritablement apporter un vrai gain de performance en matière de fréquence et de régularité puisqu’il améliorera les entrées et sorties de trains en gare. C’est cet ensemble d’opérations qui permettra aussi d’assurer la montée en charge du futur RER E entre Paris et Mantes-la-Jolie, pour lequel aura été investi près de 6 milliards d’euros pour finalement si peu de trains supplémentaires par heure lors de sa mise en service. La menace de suppression de la branche Poissy du RER A n’est pas à prendre à la légère. Aussi ne créons pas de situation pire que ce qui n’existe aujourd’hui pour les usagers ! Objectivement, l’argument de l’impact sur le développement économique n’est pas étayé. Les activités économiques existantes ne sont pas menacées (et si cela était le cas, nul doute que des solutions seraient trouvées). Quant aux nouveaux projets de développement économique, ce sera l’occasion pour GPSEO de revoir sa copie. D’ores et déjà des alternatives plus économiques et plus vertueuses émergent, comme l’extension de la clinique Montgardé à Aubergenville.

Contribution au projet de Schéma Directeur de la Région Ile-de-France dit Environnemental

Un schéma d’aménagement est, pour une région, un outil fondamental pour la planification du devenir d’un territoire, sur plusieurs décennies. Il doit répondre aux objectifs d’aujourd’hui et de demain, en donnant des perspectives aux habitantes et habitants. Malheureusement, la proposition de nouveau Schéma Directeur d’Aménagement de la Région Ile-de-France ne me semble pas en mesure de répondre aux défis climatiques et sociaux de notre époque.  Une trajectoire climatique insuffisante Les dernières publications du Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sont claires dans leur constat : « la fenêtre d’action pour garantir un avenir vivable et durable pour tous se referme rapidement. […] Nous sommes à un tournant. Nos décisions aujourd’hui peuvent assurer un avenir vivable ».  Le projet soumis à l’enquête publique prévoit des avancées réelles sur le plan de l’engagement pour l’environnement. Cependant, construit en opposition à la précédente monture du SDRIF, ancienne de plus d’une décennie, omettant ainsi le corpus des publications scientifiques et des engagements internationaux de la France pris depuis 2014, il ne prend pas suffisamment la mesure de l’ampleur de l’urgence climatique. Pour être plus en adéquation, ce projet aurait dû se positionner dans le scénario de réchauffement climatique entre 2 et 2,7°C pour 2040 pour la France métropolitaine, calant ainsi une planification volontariste mais contrainte en matière de logements, de transport et d’agriculture.   L’un des premiers enjeux, en matière d’aménagement, est la sobriété foncière, c’est-à-dire la réduction drastique de la quantité de terres et de sols que nous artificialisons chaque année. Or, dans ce présent projet de SDRIF-E, ni le point de départ (774 hectares versus les 588 hectares réels consommés figurant dans le bilan SDRIF de 2019), ni  la trajectoire  (une réduction de 20% par décennie versus 50% pour les autres régions) ne démontre une forte ambition régionale pour enrayer le réchauffement climatique et l’effondrement du vivant. Et si la mise en œuvre du Zéro Artificialisation Nette (ZAN) pose de nouvelles difficultés pour les collectivités (dynamique démographique, financement,…) qu’il faudra collectivement surmonter,  il s’agit pourtant bien d’un impératif qui devrait être partagé. D’autant que, cela n’aura échappé à personne, la perspective de la mise en œuvre de la trajectoire de la ZAN induit, actuellement, une augmentation significative de l’artificialisation des sols, par anticipation des restrictions à venir. Aussi, pour une traduction réglementaire de la sobriété foncière à la hauteur des enjeux, j’appelle, comme je l’avais fait lors des débats au conseil régional, à une réduction de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) de 50 % (et non 20 %) pour la période 2021-2031 ; une réduction de l’artificialisation brute de 50 % (et non 20 %) pour les périodes 2032-2041 et 2042-2050 et une absence d’artificialisation totale à compter de 2050. Le choix politique de l’inégalité Malgré la volonté affichée d’agir pour un rééquilibrage, le projet de SDRIF-E est susceptible d’accroître les inégalités sociales et territoriales, en appauvrissant les plus précaires.  Je ne prendrai que l’exemple du logement, en déplorant l’insertion d’une clause dite anti-ghetto qui vise à freiner la production de logements sociaux dans les communes comptant plus de 30% de logements sociaux PLAI/PLUS. Alors que 750 000 Francilien•nes sont en attente d’un logement social, cette disposition cherche à ralentir le rythme de production de logements sociaux dans les communes volontaristes (et elles sont quelques-unes dans les Yvelines : Guyancourt, Limay pour ne citer qu’elles) sans ajouter de contraintes réglementaires sur la production de logements pour les communes déficitaires (60 en 2022 dans le département), qui ne respectent pas les objectifs de la loi SRU.  Pourtant, la région Ile-de-France devrait concentrer tous ses efforts dans la production de logements sociaux et très sociaux, transformer l’existant (notamment avec un volontarisme accru dans l’exploitation de gisements sous-utilisés : logements vacants, locations saisonnières, bureaux…) et focaliser son action sur les zones déjà artificialisées, comme les friches. Cette limitation doit donc être supprimée du SDRIF-E. Le productivitivisme comme priorité politique, contre tout le reste Le SDRIF-E conforte et promeut le développement d’un modèle économique directement et indirectement très consommateur de ressources. Prétendument engagé dans l’accompagnement de l’économie francilienne vers sa transition et sa résilience, il l’ancre en réalité durablement dans un mouvement perpétuel de compétition et de concurrence, de toujours plus de production et de consommation. L’Ile-de-France se structure historiquement par une hyper-concentration de l’emploi vectrice d’inégalités territoriales majeures, avec des Francilien·nes toujours plus éloignés de leur travail. Le projet prévoit, jusqu’en 2031, la création de bureaux dans les 19 communes qui représentent 6 % du territoire et concentrent 68 % de la création d’emplois. Ceci contredit la volonté affichée du développement multipolaire de notre Région et de son rééquilibrage. En outre, les transports en Ile-de-France sont conçus au service de cette concentration économique et de l’attractivité des entreprises, parfois voire souvent au détriment des populations. Le SDRIF-E priorise en effet les infrastructures lourdes, pour desservir les grands pôles économiques et les espaces d’échanges internationaux (lignes 17 Nord, 18 Ouest et 19 du Grand Paris Express) mais qui ne correspondent que très marginalement aux demandes locales. Elle renforcent le phénomène des “villes dissociées”, théorisé par Jacqueline Lorthiois, c’est-à-dire des villes avec la caractéristique suivante : “l’habitant n’y travaille pas, le travailleur n’y habite pas”.  Ces projets sont plutôt le prétexte à une urbanisation accrue qui endommage très fortement l’environnement (nature, biodiversité, écosystèmes), saccage et gaspille des espaces fertiles et utiles à l’agriculture, là où l’urgence est au maillage fin pour répondre aux besoins des populations locales et leur offrir une solution de mobilité, principalement en surface, pour rejoindre leur emploi et ainsi lutter efficacement contre la dépendance automobile (Bus à Haut Niveau de Service de proximité, tramways ou bus de liaison vers des radiales). L’arrivée d’EOLE sur le territoire Nord Yvelines démontre aujourd’hui ce phénomène : accélération des constructions, concentration vers de nouveaux lieux d’activités existantes, etc… alors même que le rabattement vers les gares n’est aujourd’hui pas suffisamment pensé. C’est pourquoi, je réitère ma demande à ce qu’une liaison pour une passerelle piétonne et vélo, entre Meulan et les Mureaux,

Projet de Ligne-Nouvelle Paris-Normandie (via Mantes) : position et argumentaire

Intérêts du projet, à condition de marquer un arrêt à Mantes : Amélioration des transports en commun entre l’Ile-de-France et la Normandie ; Amélioration des conditions de transports des Francilien.nes (robustesse de la ligne J et montée en charge du futur RER E dans lequel 6 milliards d’euros auront été investis) ; Perspective de développement du FRET ferroviaire depuis le port du Havre, pour permettre la désaturation en camion de marchandise de l’A13 et l’atteinte des objectifs de décarbonation du secteur des transports.

Communiqué de Presse : J’interpelle le Gouvernement sur le Pont d’Achères

Depuis de nombreux mois, riverains, élus et associations environnementales s’opposent avec force au projet de création d’une route à 2 x 2 voies et d’un pont routier à Achères.Malgré la récente décision du Tribunal administratif de Versailles, le lancement des travaux, les opérations de défrichement et l’abattage de nombreux arbres parfois centenaires, l’opposition au projet ne faiblit pas. La colère est forte chez les riverains, qui ne comprennent pas pourquoi le Département s’obstine dans un projet anachronique et irrespectueux de la nature et de la qualité de vie dans les Yvelines. Dans un contexte national d’opposition aux projets routiers et autoroutiers inutiles et écocides, de grandes associations nationales rejoignent le mouvement yvelinois. Des liens profonds unissent désormais les luttes menées dans le Tarn et à Achères. Comme l’A69, le projet routier d’Achères est vieux de plusieurs dizaines d’années et reflète une vision obsolète des mobilités et de l’aménagement. Comme l’A69, il ne répond à aucune nécessité réelle, alors que le prolongement du Tramway 13 répond déjà aux besoins de report modal et de décongestionnement sur les routes et autoroutes du territoire. Comme l’A69, il augmentera les émissions de gaz à effet de serre en raison de l’effet induit, phénomène largement documenté selon lequel la réalisation de nouvelles routes entraîne mécaniquement l’augmentation du trafic routier. Comme l’A69, il constitue un désastre pour la biodiversité et l’environnement, notamment sur l’Île de la Dérivation, écrin de biodiversité préservé de la circulation routière. Comme l’A69, il constitue un gaspillage d’argent public, les travaux accusant un dérapage financier de plus de 80 millions d’euros, soit les deux tiers du coût initial. Ces projets inutiles sont symptomatiques de cette incapacité à bifurquer et à changer de modèle qui nous condamne collectivement en tant que société. Comme le martèlent de nombreux scientifiques, « la transformation sera subie ou choisie, autant la choisir. » Le Gouvernement ne peut rester sourd aux appels citoyens. J’ai donc déposé une question orale au Gouvernement, que j’adresserai en séance au Ministre chargé des Transports à la rentrée 2024.

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