Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines

Nom de l’auteur/autrice :g.senee@senat.fr

Fin de vie et soins palliatifs : un débat essentiel, un texte dénaturé par le Sénat

L’examen des propositions de loi relatives à l’aide à mourir et à l’accès garanti aux soins palliatifs s’est achevé ce mercredi 28 janvier au Sénat, en première lecture. Les textes issus de l’Assemblée nationale étaient le fruit d’un travail équilibré et profondément respectueux des personnes. Ceux qui sortent du Sénat ne sont malheureusement pas à la hauteur de cet enjeu humain, médical et démocratique majeur. Un débat empêché, un texte affaibli La majorité sénatoriale a fait le choix de détricoter en profondeur les deux propositions de loi. Au lieu d’un débat serein et constructif, nous avons assisté à une remise en cause systématique de l’équilibre du texte, au détriment des droits des patients et de leurs proches. Ce retour en arrière constitue une fragilisation y compris de l’esprit de la loi Claeys-Leonetti. Le Sénat aurait pu jouer pleinement son rôle : améliorer le texte, renforcer ses garanties, approfondir ses équilibres. Il a préféré en réduire la portée, en limitant drastiquement le droit à l’aide à mourir et en affaiblissant l’ambition d’un accès effectif aux soins palliatifs. Une loi encadrée, équilibrée et protectrice Contrairement à ce qui a été affirmé, la proposition de loi issue de l’Assemblée nationale était très strictement bornée et protectrice. Elle reposait sur des principes clairs : le respect de la volonté du patient, un encadrement médical strict, des garanties éthiques fortes, la complémentarité entre soins palliatifs et aide à mourir, la centralité du consentement. Reconnaître l’aide à mourir ne signifie pas remettre en cause la valeur de la vie. C’est reconnaître que, dans certaines situations extrêmes, la médecine ne peut plus guérir ni soulager suffisamment, et que la dignité et la liberté de la personne doivent être respectées jusqu’au bout. L’aide à mourir ne s’oppose pas aux soins palliatifs : elle les complète. Elle constitue une réponse humaine à des situations où la souffrance devient insupportable malgré l’accompagnement médical. Pour une évolution digne de notre société Depuis plusieurs décennies, les progrès médicaux ont profondément transformé notre rapport à la fin de vie. La mort n’est plus seulement un événement naturel : elle est souvent médicalisée, parfois prolongée au-delà de ce que souhaitent les personnes concernées. Face à cette réalité, notre responsabilité politique est claire : garantir à chacune et chacun le droit de vivre la fin de sa vie dans la dignité, la lucidité et la paix. Il ne s’agit pas d’une rupture, mais d’un progrès de civilisation. Un progrès juridique, éthique et humain, qui place le patient au cœur de la décision et reconnaît la liberté fondamentale de disposer de soi. Voir cette publication sur Instagram Une publication partagée par Ghislaine Senée (@ghislainesenee) Et maintenant ? Les textes seront examinés dans trois semaines en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Les députés vont probablement rétablir les équilibres initiaux, tels qu’ils avaient été adoptés en première lecture. Si le Sénat persiste, en deuxième lecture, à refuser de jouer pleinement son rôle constitutionnel d’amélioration constructive de la loi, l’issue institutionnelle est connue : c’est la version de l’Assemblée nationale qui prévaudra et le Sénat n’aura rien apporté au débat. Nous continuerons, au groupe Ecologiste du Sénat, avec notre cheffe de file Anne Souyris, à défendre une évolution du droit de la fin de vie : une loi exigeante, encadrée et profondément humaine, qui garantisse à chacune et chacun le respect de sa volonté et de sa dignité jusqu’au dernier moment.

Visite d’Insersite

Visite d’Insersite, un chantier d’insertion numérique basé aux Mureaux. Cette structure emploie 45 salarié·es qui mettent leurs compétences au service de projets variés liés au numérique : développement, design, maintenance informatique, communication… Véritable espace de formation et d’accompagnement social pour des personnes souvent éloignées de l’emploi, Insersite illustre parfaitement les réussites de l’insertion par l’activité économique : un retour vers l’emploi durable, doublé d’un regain de confiance en soi. Pourtant, l’Etat a fait de l’IAE une variable d’ajustement budgétaire, en remettant en cause des projets déjà engagés par les structures, par des gels de crédits. Ces choix empêchent toute vision de long terme pour ces structures, alors contraintes de revoir à la baisse leurs objectifs d’accompagnement. Outils essentiels du maillage territorial de la politique de l’emploi, en lien étroit avec les partenaires locaux, je plaide pour la pérennisation des crédits alloués aux structures de l’IAE.

Projet stratégique 2026-2030 d’Haropa Port

Le projet stratégique 2026-2030 d’Haropa Port revêt évidemment une importance particulière pour les élus du territoire de GPSEO, tant l’impact et les externalités des activités économiques de l’axe Seine sont grands. Se posent ici la question de l’aménagement du territoire, de la réindustrialisation portée sans grand succès jusqu’à présent, tout en respectant la qualité de vie des habitants. En l’état, et alors que les flux marchands s’intensifient, Haropa Port doit donc porter une attention toute particulière, jusqu’à faire preuve d’exemplarité, pour limiter radicalement les impacts négatifs sur le quotidien des riverains, leur environnement et la biodiversité. Pour ce qui concerne le fret, le recours à l’intermodalité, donnant priorité aux modes de transport ferroviaire et maritime, doit être une priorité ; l’objectif étant de réduire progressivement le recours aux camions et développer un modèle le plus décarboné. Ces modes d’acheminement évitent des nuisances (sonores, visuelles, sanitaires, écologiques) fortes pour les riverain•es, tout en évitant un engorgement du trafic routier déjà largement ressenti le long de l’axe Seine, des deux côtés de la rive, de Mantes-la-Jolie à Poissy. De plus, cette intermodalité doit être effective durant tout le processus d’acheminement de la marchandise, y compris dans les ports franciliens : les marchandises doivent pouvoir être directement transportées des bateaux vers les trains par liaison ferroviaire. C’était une des préconisations du précédent SDRIF concernant PSMO entre autres. Par conséquent, les points suivants attirent toute ma vigilance dans le projet stratégique 2026–2030 d’Haropa Port. Plateforme multimodale de PSMO La question de la multimodalité est particulièrement adéquate s’agissant de PSMO. Les voies ferroviaires n’ayant pas été mises en oeuvre jusqu’au site de St Germain, la multimodalité entre transport fluvial et ferroviaire est compromise. Or, l’implantation d’un port de matériaux me semble cohérente à la seule condition de ne pas générer dans cette zone déjà saturée plus de trafic routier : c’est une réelle alerte que je formule ici. L’alternative routière via le Pont d’Achères, sans la déviation RD154 qui a été rejeté par la commune de Verneuil, est une hérésie car elle déviera le trafic vers la boucle enclavée de Chanteloup avec pour seul exutoire deux ponts dont le nouveau Pont de Triel qui, s’il peut absorber aujourd’hui plus de trafic, débouche ensuite vers le pont d’Orgeval qui enjambe l’A13 pour desservir la Zone commerciale d’Orgeval déjà fortement saturée. Autre sujet : l’Automatisation du site fait que cette activité industrielle sera finalement peu créatrice d’emplois. Cela rend plus difficile l’acceptation des nuisances par la population. Il faudra donc veiller à ce que le territoire ne soit pas perdant dans cette affaire, même si je souligne tout l’intérêt général porté par ce projet de retraitement des matériaux et déchets inertes du Grand Paris. Se pose donc l’impératif de développement des capacités ferroviaires de la zone, qui ne pourra se faire : sans le projet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui permettra d’offrir de nouveaux sillons au Fret tout en minimisant l’impact de la hausse de trafic sur le transport voyageur, ni sans une réactualisation de la stratégie fret et logistique francilienne qui devient impérative (avec notamment le projet Fret de contournement de l’Ile-de-France). Extension de la plateforme logistique de Limay Le projet d’extension de la plateforme logistique de Limay a pour attrait de répondre aux besoins du monde économique, tout en évitant une artificialisation inutile des sols. À noter sur ce projet, qu’en procédant au rachat des parcelles du “triangle nord’, la mairie de Limay répond aux besoins formulés par Haropa Port en 2016 : il apparaît donc cohérent de poursuivre ce processus, d’autant que cette zone offre des perspectives intéressantes d’aménagements, s’agissant notamment de la récupération de la chaleur fatale au profit d’un réseau de chaleur si un datacenter devait s’y faire. Là encore, les habitants doivent pouvoir y trouver un intérêt alors même que le site s’agrandit toujours plus. Par conséquent, il me semble crucial de s’inscrire dans la continuité du projet d’extension initial, en répondant aux demandes de M. Nedjar. Port de Gennevilliers et Projet Green Dock Les projets relevant du site de Gennevilliers ne détaillent pas l’intégration de Green Dock – dont l’enquête publique en cours permettra au Préfet des Hauts-de-Seine et au Maire de Gennevilliers de se prononcer sur le permis de conduire déposé. Ce projet a manifestement été construit sans réelle concertation avec les associations locales et les citoyen•nes, et a de graves conséquences sur la biodiversité et la pérennité environnementale de la zone. Quelle que soit la décision finalement adoptée par les autorités compétentes, j’alerte sur la responsabilité d’Haropa Port dans ses projets d’infrastructures : le développement marchand de l’axe Seine ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité, de l’environnement, de la santé et de la qualité de vie des riverain•es ni entrer en contradiction avec les engagements environnementaux pris dans ce projet stratégique. Le Canal-Seine-Nord L’artificialisation liée à la construction du Canal-Seine-Nord est particulièrement préoccupante : 3000 hectares de terres impactées, et une retenue d’eau de 14 millions de m³. La nécessité de décarbonation du transport via le développement du trafic fluvial n’est pas un argument suffisant à l’artificialisation – d’autant que le report modal prévu par ce projet ne peut être assurément précisé. Je me questionne également sur l’équilibre économique prévu : en faisant le choix du Canal-Seine-Nord, Haropa devra faire face à la rude concurrence des deux plus grands ports d’Europe. D’autant que nous avons pris du retard sur la réindustrialisation et notre capacité d’exportation de produits manufacturés. Les conséquences du projet sur le devenir de l’axe Seine doivent donc être impérativement étayées, en lien avec les services de l’Etat, pour définir une réelle cohérence du développement d’Haropa Port dans ce contexte particulier. En conclusion, j’appuie sur l’impérative concertation des élu•es locaux, citoyen•nes et associations pour l’ensemble des projets prévus par Haropa Port, à l’instar de la phase de concertation menée pour PSMO. Les impacts – environnementaux, sanitaires, économiques – doivent être parfaitement mesurés et communiqués en toute transparence : il est impératif de mettre en exergue les impacts induits

Mission Emploi Travail : La politique de l’emploi ou la variable d’ajustement budgétaire de l’Etat.

Demain, la Mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » – telle que présentée par le gouvernement – sera examinée au Sénat, dans le cadre de la partie “dépenses” du Projet de Loi de Finances.  Je suis particulièrement soucieuse des coupes budgétaires que subissent les programmes de cette mission, notamment pour l’accès et le retour à l’emploi des personnes qui en sont le plus éloignés. Depuis deux ans, cette mission est la variable d’ajustement budgétaire du gouvernement : – 1,6 milliard dans le décret d’annulation en février 2024, – 2,8 milliards en fin de gestion 2024, – 1,1 milliard en loi de finances initiale pour 2025, de nouveau – 3 dans le projet du gouvernement pour 2026. C’est un choix politique, aux conséquences sévères.  La politique d’apprentissage a fait l’objet d’un investissement massif durant les cinq dernières années, preuve que l’argent public peut être trouvé pour financer des projets d’envergure. Mais aujourd’hui, on choisit de fragiliser encore la politique de l’emploi dans un contexte de délaissement des services publics. On le comprend bien, ce cercle vicieux nous mènera inexorablement à la précarisation de personnes déjà vulnérables. Faisons preuve de responsabilité : on ne peut pas réduire les budgets sous un prétexte économique, sans penser aux répercussions – certainement plus coûteuses – de ce démantèlement.  *** Personne n’est dupe, les grands perdants de ces coupes budgétaires sont les opérateurs du retour à l’emploi et leurs bénéficiaires : c’est un abandon assumé des personnes les plus éloignées de l’emploi. Depuis 2023, les missions opérées par France Travail sont croissantes : accompagnement des demandeurs d’emploi, formation, prospection auprès des employeurs, contrôles des bénéficiaires… Comment justifier la réduction des crédits de France Travail, ainsi que du nombre de ses salariés, lorsqu’un accroissement de ses missions est opéré en parallèle? A titre de comparaison, en France, avec 2,4 millions de chômeur·euses et 55 000 agents (soit 1 agent pour 43 demandeurs d’emploi), le service public de l’emploi est proportionnellement moins doté qu’en Allemagne, qui compte 3 millions de chômeur·euses, mais 120 000 agents (soit 1 agent pour 25 demandeurs d’emploi). D’autant que le territoire français est bien plus vaste à couvrir. Dans la même dynamique, les missions locales voient leur nombre de bénéficiaires croître – et en particulier les jeunes mineurs non pris en charge par France Travail. Pourtant, les missions locales souffrent d’une baisse de leurs dotations (-13%, soit 77 millions d’euros). Ces mêmes jeunes dont l’enseignement secondaire a été perturbé par la crise sanitaire, se trouvent aujourd’hui sans accompagnement suffisant, dans un contexte d’abandon massif des politiques jeunesses (estimé à -1 milliard). Bien au contraire, c’est dans ce contexte précis qu’il nous faut absolument préserver nos jeunes.  Finalement, alors que les acteurs de l’insertion par l’activité économique proposent des solutions innovantes pour un retour à l’emploi, et en particulier pour les personnes qui en sont le plus éloignées, ils risquent aujourd’hui de voir leurs dotations baisser sévèrement (-244 millions d’euros). A l’heure où le travail est – à juste titre – repensé comme vecteur de lien social, l’insertion par l’activité économique devrait être une priorité.  *** Enfin, les coupes drastiques dans la politique de l’emploi auront des conséquences sévères pour les collectivités : car lorsque l’Etat se désengage, ce sont souvent les collectivités locales qui prennent le relais. Au plus proche de leurs administrés, les communes auront donc la charge de pallier aux manquements de l’Etat, alors même qu’ils sont progressivement privés de leur autonomie financière.  En bref, on demande aux acteurs de la politique de l’emploi et aux collectivités de faire plus avec moins, tout en refusant catégoriquement et systématiquement de faire contribuer les plus riches à l’effort budgétaire. Pourtant, un autre modèle de justice sociale pourrait – et devrait – être envisagé, en cohérence avec les revendications des français•es.  Ghislaine Senée, Rapporteure de la Mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux ».

Grève du chômage 2025

Soutien à la grève du chômage 2025, organisée par les acteurs de l’insertion par l’activité économique – et notamment par Territoires zéro chômeur de longue durée ! La grève du chômage, c’est l’occasion pour les 2,2 millions de personnes au chômage de longue durée en France, de revendiquer leur droit à l’emploi. Au travers d’expérimentations innovantes, des structures comme Territoires zéro chômeurs participent à l’accompagnement vers le retour à l’emploi, mais également au resserrement du lien social. Car la précarité économique n’est pas la seule conséquence de la privation durable d’emploi. Dans les Yvelines, le territoire des Mureaux est l’illustration de la réussite de ce projet: ce sont 51 personnes qui ont été embauchées en CDI au sein de l’Entreprise à But d’Emploi Mur’envol depuis mars 2024, et 84 personnes qui sont sorties durablement de la privation d’emploi grâce à l’accompagnement de TZCLD Les Mureaux!

Colloque : Intelligence artificielle: sécuriser les pratiques pour contenir les risques

Le 31 octobre 2025 à 9h, j’aurai le plaisir d’organiser au Palais du Luxembourg un colloque sur l’intelligence artificielle, aux côtés de mon collègue Thomas Dossus, Sénateur du Rhône, et de l’association Pause IA. Programme: 9h – Mot d’accueil 9h15 – Introduction générale: Les risques de l’IA: état des lieux et enjeux. Par Maxime Fournes, Fondateur de Pause IA France.  9h40 – Présentation thématique: Cybersécurité et sûreté de l’IA: les menaces émergentes.Par Charbel-Raphaël Segerie, Directeur exécutif  du CeSIA. 10h30 – Table ronde: Quels leviers pour une IA sécurisée?Modéré par Ghislaine Senée, Sénatrice des Yvelines.Avec Siméon Campos, Fondateur de Safer AI ; Axelle Arquié, Cofondatrice de l’Observatoire des Emplois Menacés ; Jean-Lou Fourquet, Journaliste, enseignant et co-auteur de « La dictature des Algorithmes » ; Olga Muss Laurenty, Chercheuse en IA et développement de l’enfant ; Henry Papadatos, Managing Director de SaferAI. 12h30 – Conclusion Le compte-rendu du colloque par Pause IA: Colloque Sénat — Compte-rendu & recommandations | Pause IA

Colloque : Transitions et Ruralités

Les territoires ruraux – 88% des communes et 33% de la population selon l’INSEE – sont souvent présentés comme subissant les crises : déprise démographique, déclin industriel, déficit d’attractivité, changement climatique, perte du lien social et culturel, manque d’accessibilité des services publics, déserts médicaux, zones blanches, etc. Le présent colloque, qui s’inscrit dans le cadre de la mission d’information de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation relative à la contribution des collectivités territoriales au développement des territoires ruraux à l’ère des transitions environnementales, entend donner la parole aux experts du sujet pour objectiver en quoi les ruralités – au pluriel ! – sont confrontées aux crises mais aussi en quoi elles sont au cœur des transitions économique, démographique, climatique, énergétique, sociale et culturelle, voire même en première ligne pour imaginer et mettre en œuvre des solutions innovantes. Il s’agira également de s’interroger sur le rôle des collectivités territoriales et les outils dont elles disposent pour accompagner ces transitions (stratégie, ingénierie, ressources), en lien avec les autres acteurs publics (l’État, ses agences) et privés (entreprises, associations, citoyens, usagers). La rediffusion du colloque est disponible ci-dessous : https://youtu.be/6KzAsoEFqsQ?list=TLGGBKJ_wq6dlQcyNzAxMjAyNg

Communiqué de Presse : Liaison RD30/RD190 et Pont d’Achères : il est encore temps de renoncer à ce projet anachronique et inadapté

Les travaux de l’A104 Bis, débutés en septembre 2023, sont pour le moment mis à l’arrêt par décision de la mairie de Triel-sur-Seine. De fait, entre le 16 et le 18 septembre 2025, 147 arbres ont été coupés dans les communes de Triel-sur-Seine et d’Achères, soulevant colère et incompréhension de la population. Après avoir massacré la pointe naturelle de l’Ile de la Dérivation et le chemin des berges, les conséquences environnementales directes de ce projet de liaison routière se font plus évidentes. Il faut définitivement abandonner ce projet avant qu’il ne soit trop tard. Le projet de liaison RD30–RD190 est le résidu d’une vision de l’aménagement du territoire obsolète, consistant à toujours plus bétonner pour faciliter ou détourner un trafic routier qui créera de nouveaux goulots d’étranglements et donc de nouveaux espaces de congestion. Ce projet c’est : L’augmentation du trafic routier dans les zones de vie d’Achères et d’Orgeval, avec le passage de 40 000 véhicules chaque jour sur le pont d’Achères. L’augmentation de 114% du trafic routier sur l’A13, déjà saturé, ayant pour conséquences l’augmentation de 14% les émissions de gaz à effet de serre sur les routes du territoire. Le développement de la pollution de l’air ainsi que de la pollution sonore pour les riverain•es. L’artificialisation des sols et la destruction de plus de 40 espèces protégées. Il est tout particulièrement aberrant de créer un afflux important de camions de transit vers la zone commerciale d’Orgeval et de Villennes, qui souffre déjà de congestion. Imaginez ces camions bloquant la sortie déjà compliquée du Lidl, ou encore obligés de faire le tour du rond-point bloquant qui dessert l’enseigne Bricorama et mène vers Bures/Morainvilliers ! En plus d’être injustifié, ce projet dévoile des dépenses astronomiques dont les contours restent flous. À l’heure où l’on demande aux français•es de se serrer la ceinture, le Département engage 200 millions pour ce projet, sans compter les frais d’entretien des ponts – évalués entre 25 000 et 40 000 euros par an et par pont – et les coûts d’investissement à prévoir liés à la réalisation de l’échangeur d’Orgeval et l’agrandissement de la RD154 et de la RD190. L’état de notre climat et des finances locales nous imposent une culture nouvelle de la sobriété dans nos projets d’aménagement. Je reste résolument opposée à ce projet et j’appelle le Département des Yvelines à définitivement renoncer à l’A104 bis.

Agences et opérateurs de l’Etat : le thermomètre n’est pas la maladie !

Contribution de Ghislaine Senée, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires Introduction La commission d’enquête sur les missions des agences, opérateurs et organismes consultatifs de l’État, présidée par Pierre Barros et rapportée par Christine Lavarde, a mené un travail rigoureux, autour de nombreuses auditions et demandes de données. Le rapport final objective la réalité des conditions d’organisation et de financement des agences. Il permet notamment de lever nombre de fantasmes sur les viviers d’économies possibles. Si nous partageons certains constats et propositions faites sur le pilotage, l’évaluation et la nécessité de renforcer la culture de la tutelle, nous déplorons que le rapport final amendé cède aux demandes démagogiques du groupe LR de suppression d’un certain nombre d’agences, couplées à des suppressions de postes dans les fonctions support, dans le seul but de faire des économies.   1. Apports du rapport : des constats partagés sur la gouvernance et une objectivation des données sur les coûts 1.1. Renouer avec une tutelle de confiance L’Etat doit s’atteler à renforcer le pilotage de ces structures et à re-développer la culture de la tutelle. Si l’élaboration de contrats d’objectifs et de performance (COP) ou de contrats d’objectifs et de moyens (COM) sur une période de 5 ans doit bien être systématisée, ces contrats doivent s’établir dans le cadre de relations de tutelle interne, sans recours à des cabinets de conseil. Une fois ceux-ci signés, l’Etat doit respecter le cadre adopté et ne peut abandonner ses engagements financiers en cours de programmation. Le respect de ces engagements financiers est de nature à redonner confiance aux agents, dans un contexte de défiance vis-à-vis de leur travail.Ainsi, l’Agence Bio – dont l’objet est de promouvoir l’agriculture biologique et d’accroître les débouchés des agriculteurs et paysans labellisés – a signé un COP avec son ministère de tutelle pour la période 2024-2028. Pourtant, dès 2025, soit à peine un an après la signature du COP, le gouvernement a fait le choix de supprimer 64% des crédits, en cours d’exercice, pour des raisons strictement politiciennes. Outre les effets climatiques et sanitaires d’une telle décision, cela remet en cause la crédibilité de l’Etat dans la capacité de pilotage et de gestion de l’ensemble des agences. Sur le plan méthodologique, nous souscrivons aux orientations générales proposées, qui visent à redonner de la cohérence à la gouvernance des agences et opérateurs de l’État. Le retour de la culture de la tutelle doit être fondé sur une relation de confiance, mais exigeante, appuyée sur des outils d’évaluation rigoureux et réguliers. Cela suppose la généralisation de documents stratégiques pluriannuels adossés à des échéances de réexamen, voire de date d’extinction, permettant de réinterroger périodiquement l’utilité et la performance des dispositifs. La comptabilité analytique constitue un levier essentiel pour apprécier la soutenabilité et la pertinence des actions menées ; elle permet également d’objectiver les débats et de répondre de manière argumentée aux critiques formulées à l’encontre des agences. 2.2. L’efficience réelle des agences, loin des fantasmes budgétaires La résolution du groupe Les Républicains tendant à la création de cette commission d’enquête insistait sur deux points : le vivier possible d’économies et la lutte contre le surcroît de normes générées par ces agences et opérateurs. Après 6 mois de travail dense, le rapport démontre l’invalidité de ces deux hypothèses. Les élus Les Républicains invoquent depuis plusieurs années les “nombreuses économies” potentielles sur les agences, ne serait-ce qu’en termes de ressources humaines. Pourtant, le rapport démontre que ces structures ne sont pas des gouffres financiers en fonctionnement – c’est-à-dire en coûts de personnel et de structure – et font preuve, au contraire, d’une réelle efficience dans la gestion des crédits d’intervention. Ces agences mettent en œuvre les politiques publiques décidées et cadrées par le gouvernement, validées par le parlement. Les économies de fonctionnement apparaissent comme très modérées et ne sauraient, contrairement à ce qu’on peut entendre dans les débats autour des agences de l’Etat, résoudre le problème de déficit de l’Etat français. Dans le cas de l’ADEME, avec le fonds chaleur, l’agence est chargée d’instruire les demandes, en appliquant les règles fixées par le législateur. Le rapport de la commission d’enquête confirme la bonne gestion des dispositifs délégués à l’ADEME et son rôle indispensable dans le conseil aux collectivités sur les actions en matière de politique climatique. Le groupe Les Républicains considérait que les agences “génèrent une complexité normative toujours croissante, voire une insécurité juridique, dont la charge finale repose généralement sur le citoyen, l’usager ou encore les acteurs des activités régulées”. Le rapport final ne permet pas d’étayer la création de normes nouvelles par les agences. Leur rôle est de mettre en œuvre, pour l’Etat, les politiques publiques et souvent de manière territorialisée. Si un acteur n’obtient pas la subvention qu’il sollicite, cela s’explique davantage par le non-respect des critères fixés par le législateur que par une surproduction de normes définies par l’agence gestionnaire. 2.Réserves et mises en garde : quand la rationalisation devient un prétexte à l’affaiblissement 2.1. La recentralisation préfectorale : une fausse bonne idée Le transfert de compétences des agences vers la préfecture renforce les pouvoirs des préfets et le spectre de leurs missions. Si cette centralisation vise une meilleure lisibilité administrative, voire parfois une plus grande efficacité, celle-ci s’accompagne d’une pression croissante sur les services préfectoraux, déjà fortement mobilisés. Depuis les réorganisations engagées à partir de 2010, les services déconcentrés ont connu un affaiblissement progressif : diminution des moyens humains lors des réformes successives et complexification des chaînes de décision. Ce mouvement, loin d’être neutre, est le reflet d’un phénomène plus large de recentralisation, dans un contexte de montée en charge considérable du rôle du préfet. Ce dernier se retrouve aujourd’hui à la croisée des injonctions, en situation de devoir arbitrer, instruire, déroger et parfois trancher seul, sous forte contrainte temporelle et politique. Il est illusoire de penser que le transfert des agents et de leurs compétences au niveau des préfectures et sous-préfectures des départements se fasse sans encombre ni perte. Il est à déplorer un risque de perte d’expertises, alors même

Colloque : Les données au service des territoires intelligents

Les données sont centrales dans nos vies et elles ont de multiples facettes : personnelles, scientifiques, économiques, stratégiques… Face à de nombreux défis, notamment ceux posés par le changement climatique, les données et l’extraction des informations qu’elles contiennent modifient profondément l’action publique. Les risques environnementaux et naturels, l’urbanisation, l’agriculture, la mobilité, la gestion des ressources, la vie citoyenne, la sécurité, l’éducation, les différentes politiques de la ville, etc., permettent de générer massivement des données. Leur utilisation et leur exploitation en s’appuyant sur la science des données et l’intelligence artificielle sont porteuses de promesses mais suscitent également des réticences et des craintes, et de fait il est indispensable des enjeux environnementaux et de souveraineté que portent ces avancées technologiques. Dans ce contexte, il est plus que jamais indispensable de suivre les expériences de politiques territoriales de la donnée qui se multiplient, étudier leurs résultats et les progrès qu’elles apportent, identifier leurs limites. https://youtu.be/ECmyIJHr08Y?list=TLGGrrEFqcFERykyNzAxMjAyNg

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